
envoyé spécial France 24 à Roland-Garros – Incroyable sensation à Roland-Garros où la Lettonne Jelena Ostapenko a remporté son premier titre du grand chelem à tout juste 20 ans, en s'imposant avec une surprenante maturité face à la Roumaine Simona Halep (4-6, 6-4, 6-3).
Et dire qu'il y a quinze jours, la Lettonne Jelena Ostapenko n'était qu'une jeune joueuse en devenir de 19 ans, qui avait intégré quelques mois plus tôt le Top 50 à la WTA. Deux semaines plus tard, la voilà en vainqueure de Roland-Garros 2017, trophée Suzanne-Lenglen en mains devant un court Philippe-Chatrier tout aussi bondé qu'incrédule. Ostapenko, qui a fêté ses 20 ans le jour de sa demi-finale face à la Suisse Timea Bacsinszky, a fini par faire craquer la muraille roumaine Simona Halep au terme d'un bras de fer de trois manches et près de deux heures de jeu (4-6, 6-4, 6-3).
Face à la tête de série n°3, qui pouvait devenir numéro un mondiale en cas de victoire à Paris, Ostapenko a fait montre d'un incroyable sang froid. Menée 4-6, 0-3, 0-40 et poussée au bord du gouffre par une Simona Halep toujours aussi solide, la Lettonne a trouvé les ressources nécessaires pour renverser la vapeur. Et son tennis total – 54 fautes directes pour autant de coups gagnants – a fait le reste.
Un sacre historique
Jamais titrée sur le circuit principal, Ostapenko remporte donc son premier trophée à Paris, vingt ans après le premier des trois sacres de Gustavo Kuerten chez les hommes. Comme lui à l'époque, elle n'était pourtant pas tête de série au début du tournoi. Un fait d'autant plus historique qu'il faut remonter à 1933 et un succès de la Britannique Margaret Scriven pour voire une joueuse non-tête de série en début de quinzaine soulever le prestigieux trophée.
La tornade lettonne aura donc tout emporté sur son passage et notamment les espoirs de Simona Halep. Finaliste trois ans plus tôt et vaincue alors par une Maria Sharapova au sommet de son art, la Roumaine espérait enfin remporter les Internationaux de France. Et l'absence de Sharapova, justement, mais surtout celle de l'Américaine Serena Williams l'avait propulsée au rang de favorite du tournoi. Un statut qu'elle aura tenu durant presque toute la quinzaine, avant de plier sous les coups de boutoir de la révélation de ce tableau féminin.