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Accord de Paris : des maires et des gouverneurs américains entrent en résistance

Des dizaines de maires et de gouverneurs américains s’insurgent contre la décision de Trump d'abandonner l’accord de Paris. Ils promettent d’agir, à leur niveau, pour le respect de l’environnement et le développement d’une économie verte.

La résistance s’organise aux États-Unis. Pas question pour des dizaines de maires et de gouverneurs d’accepter sans ciller la décision de Donald Trump de retirer le pays de l’accord de Paris sur le climat. Depuis cette annonce choc, ces élus, ensemble, multiplient les appels à poursuivre les politiques locales en faveur de l’environnement, et même à amplifier les efforts.

Les gouverneurs démocrates des puissants États de New York, de Washington, et de la Californie, qui représentent 1/5e de la population américaine, ont ainsi décrété une "alliance pour le climat". Ils sont "déterminés à atteindre l'objectif américain de réduction de 26 à 28 % des émissions de gaz à effet de serre" par rapport à 2005, a promis le gouverneur de New York, Andrew Cuomo.

L'alliance, assurent les trois États, devrait servir de "forum pour soutenir et renforcer ce qui existe pour lutter contre le changement climatique" ou encore "mettre en œuvre de nouveaux programmes de réduction des émissions de carbone". Et les initiatives de ce genre dépassent les traditionnels bastions démocrates pour s'étendre jusque dans des États républicains, comme l'Ohio, le Texas ou l'Iowa.

"Maires pour le climat"

Mayors National Climate Action Agenda, qui regroupe 61 maires représentant quelque 36 millions d'Américains, a aussi promis, le 1er juin, "d'adopter et de tenir les engagements envers les objectifs de l'accord de Paris". "Nous allons intensifier les efforts pour remplir les objectifs actuels des villes (...) et travailler à créer l'économie propre du XXIe siècle", indique le communiqué de l'organisation aussi appelée "Maires pour le climat".

"Les États et les villes américaines disposent de beaucoup d’autonomie et peuvent mettre en place leur propre politique énergétique indépendamment des décisions prises par Trump à Washington", explique Martin Beniston, responsable du centre de recherche sur les sciences environnementales à l’université de Genève, joint par France 24.

Sur Twitter, les réactions des maires, furieux de cette décision, affluent depuis le discours de Donald Trump. L’élu de Pittsburgh, Bill Peduto, s’est montré particulièrement virulent sur le réseau social pour répliquer au président américain qui a expliqué avoir été "élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris" afin de justifier sa décision.

"Nous suivrons les directives de l'accord de Paris pour nos administrés"

"Les États-Unis rejoignent la Syrie, le Nicaragua et la Russie, en décidant de ne pas participer à l'accord mondial de Paris. C'est maintenant aux villes de prendre les rênes" de l'économie verte, a écrit Bill Peduto. "En tant que maire de Pittsburgh, je peux vous assurer que nous suivrons les directives de l'accord de Paris pour nos administrés, notre économie et notre avenir", a-t-il ajouté.

The United States joins Syria, Nicaragua & Russia in deciding not to participate with world's Paris Agreement. It's now up to cities to lead

— bill peduto (@billpeduto) 1 juin 2017

Mitchell Landrieu, le maire démocrate de La Nouvelle-Orléans qui reste à la merci des phénomènes météorologiques, a de son côté fait valoir que "l'accord de Paris reste la meilleure arme au monde pour combattre la menace existentielle" du changement climatique.

One of most urgent threats is climate change. If global temperature rises unchecked, NOLA won't see another 300 yrs https://t.co/bqtixKHTcJ pic.twitter.com/YDi5I60JNe

— Mitch Landrieu (@MayorLandrieu) 1 juin 2017

Même son de cloche pour la ville de New York, où le maire démocrate, Bill de Blasio, s'est "engagé à honorer les objectifs de l'accord de Paris en prenant une ordonnance municipale dans les prochains jours".

La ville de Los Angeles s'est engagée à prendre la tête de ce mouvement de constestation en "travaillant étroitement avec des villes à travers les États-Unis et le monde", a affirmé le maire de la mégalopole, Eric Garcetti.

Pour Bill McKibben, cofondateur de 350.org, une ONG internationale qui milite pour l’environnement, cette mobilisation est cruciale. "Il faut espérer qu'il y aura suffisamment de villes et d'États prêts à prendre des mesures pour compenser (ce retrait et ses conséquences)", explique-t-il à France 24, certain que la décision de Donald Trump, si elle ne fait pas complétement capoter l’accord de Paris, pourrait en freiner la dynamique.

Même le président Barack Obama, discret depuis l’élection de Donald Trump, est sorti de sa réserve. Il espère que "même en l'absence de leadership américain, (…) nos États, villes et entreprises seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète pour les générations futures".

Barack Obama a été un des principaux architectes de cet accord conclu fin 2015 qui vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale "bien en deçà" de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Avec AFP