
Le gouvernement camerounais a annoncé jeudi le rétablissement d'Internet dans la région anglophone du pays, après plus de trois mois de coupure du réseau.
Le président camerounais Paul Biya a ordonné jeudi 20 avril le rétablissement d'Internet dans les deux régions anglophones du pays qui ont connu une situation inédite en Afrique avec une coupure du réseau depuis plus de trois mois. "Instruction a été donnée [par le président Paul Biya] aux opérateurs de la téléphonie de rétablir Internet dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest avec effet immédiat", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary.
Internet a été rétabli vers 18 h (17 h GMT), a indiqué à l'AFP Gakwi Derick Jato, journaliste camerounais résident de la ville de Buéa, en zone anglophone.
"Les conditions ayant présidé à la suspension provisoire d'Internet dans cette partie du territoire national ont fortement évolué", indique un communiqué gouvernemental. "Le niveau de la violence a baissé, les journées 'ville morte' n'ont plus lieu d'être, les étudiants sont en classe et la vie retrouve son cours normal", a détaillé à l'AFP le porte-parole du gouvernement, interrogé sur les raisons du retour soudain du réseau.
Fin mars, la ministre des Télécommunications avait, pour la première fois, reconnu à demi-mot que les autorités étaient à l'origine de la coupure, la plus longue jamais enregistrée en Afrique. "Le gouvernement de la République se réserve le droit de prendre (...) les mesures appropriées pour éviter qu'Internet ne soit utilisé à nouveau pour susciter la haine et la discorde entre Camerounais, ou pour créer des troubles à l'ordre public", ajoute le communiqué.
"Mieux vaut tard que jamais mais quel gâchis et des questions restent en suspens. Le communiqué du porte-parole du gouvernement n'est pas rassurant", a indiqué Julie Owono, responsable Afrique de l'ONG française Internet sans frontières, jointe par l'AFP à Paris.
Lancée en novembre par des professeurs et des juristes, la contestation anglophone revendique le retour au fédéralisme en faveur des deux régions ou, pour une minorité, le séparatisme, avec la création d'un nouvel État.
Avec AFP