
La Cour suprême du Pakistan a ordonné jeudi une enquête pour corruption sur le Premier ministre Nawaz Sharif, mis en cause dans l'affaire des "Panama papers", sans pour autant demander sa destitution.
Les magistrats de la Cour suprême du Pakistan ont estimé jeudi 20 avril qu'ils ne disposaient pas d'éléments suffisants pour démettre de ses fonctions le Premier ministre, Nawaz Sharif, accusé de corruption en lien avec la divulgation des "Panama papers". Une enquête a toutefois été ordonnée.
Il est reproché à Nawaz Sharif d'avoir caché la vérité sur les sociétés et biens immobiliers détenus via des holdings off-shore par ses enfants, notamment sa fille Maryam Nawaz, pressentie comme son héritière en politique.
"Derrière toute grande fortune se cache un crime"
Dans sa décision très attendue à un an des élections, la Cour lui a donné un sursis, estimant qu'il n'y avait pas assez de preuves pour l'écarter du pouvoir dans l'immédiat. Le document de 540 pages débute par une citation de Balzac, placée en épigraphe du roman "Le Parrain" : "Derrière toute grande fortune se cache un crime."
Les juges y ordonnent la création sous les sept jours d'une commission d'enquête conjointe — comprenant notamment des représentants du bureau anti-corruption et des puissants services secrets militaires — qui devra présenter ses conclusions dans les 60 jours.
"Une enquête approfondie est nécessaire", a estimé le juge Asif Saeed Khosa en annonçant cette décision. Deux des cinq juges sont allés plus loin, estimant que Nawaz Sharif devait être évincé en raison de sa "malhonnêteté", mais ils sont restés minoritaires.
Avec AFP