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Amazon invoque la Constitution américaine pour empêcher la justice de faire parler son IA Alexa, témoin d'un meurtre

Amazon aura fini par brandir le 17 février le premier amendement de la Constitution américaine. L'entreprise refuse de laisser la justice accéder aux données d'un Echo Dot dans le cadre d'une affaire de meurtre débutée en novembre 2015.

Amazon persiste et signe : il faudra de sacrées bonnes raisons à la justice pour forcer Alexa à parler. 

Le géant du commerce en ligne a en effet refusé de transmettre aux procureurs de l'Arkansas les transcriptions vocales de l'Echo Dot de l'un de ses utilisateurs mis en cause dans une enquête pour meurtre. Celle-ci porte sur le potentiel assassinat d'un ancien agent de la police de l'État de Géorgie, Victor Collins, survenu en novembre 2015. La justice soupçonne James Andrew Bates, l'un de ses amis et propriétaire d'un Echo Dot, d'être l'auteur du meurtre. Ce dernier, qui nie les faits et invoque une noyade accidentelle, avait invité Victor Collins chez lui la veille de sa mort. La police a ainsi émis en décembre dernier un mandat de perquisition afin de récupérer les données contenues dans la mémoire de l'assistant personnel de James Andrew Bates, mais Amazon s'était opposé à cette demande.

En effet, l'entreprise maintient que les autorités judiciaires n'ont pas clairement établi que l'enquête était plus importante que le respect de la vie privée, d'après un rapport de l'agence de presse AP. "Amazon ne publiera pas d'informations sur ses clients sans une demande légale valide et contraignante", avait expliqué un porte-parole de l'entreprise à Mashable. La société a donc déposé le 17 février une requête de 91 pages (obtenue par le site Ars Technica) auprès du tribunal itinérant du comté de Benton, afin de bloquer le mandat de de perquisition. 

Amazon fidèle à sa défense

En refusant de transmettre les données, Amazon reste fidèle à sa ligne de défense. L'entreprise a également fait savoir que la justice doit prouver que les informations nécessaires au bon déroulement de l'enquête sur la mort de Victor Collins ne sont pas disponibles ailleurs avant d'aller fouiller dans l'Echo Dot. Elle a aussi demandé aux procureurs de s'assurer à nouveau de la pertinence du mandat de perquisition dans le cadre de l'affaire. 

Pour Amazon, la justice doit prouver que les informations nécessaires ne sont pas disponibles ailleurs

Cet épisode judiciaire peut faire penser à celui qui a opposé Apple au FBI en février 2016, mais il présente toutefois des nuances : il ne s'agit pas là pour Amazon de refuser d'accorder son aide à la police (la firme a déjà fourni les données liées au compte de James Andrew Bates ainsi que son historique d'achat), mais bien de s'assurer que les droits constitutionnels de son client ont de bonnes raisons d'être violés. 

Pour rappel, le service fédéral avait demandé à Apple de concevoir un logiciel pour accéder aux données de l'iPhone de Syed Rizwan, l'un des auteurs de l'attaque de San Bernardino où 14 personnes avaient été tuées. La firme de Cupertino avait elle aussi invoqué le premier amendement, contraignant le FBI a faire appel à une tierce partie pour développer un outil capable de débloquer le smartphone. Il se peut que la justice de l'Arkansas doive aussi passer par cette case pour arriver à ses fins.

– Retrouvez la version originale sur Mashable

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