
En visite en Iran, Jean-Marc Ayrault a exprimé mardi son "inquiétude" concernant le récent tir de missile balistique iranien, qui sera l'objet d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
En visite en Iran, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a exprimé mardi 30 janvier son "inquiétude" concernant le tir de missiles balistiques iraniens effectué la veille, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir dans la journée sur le sujet.
"La France a fait part à plusieurs reprises de son inquiétude quant à la poursuite des essais balistiques", qui "entravent le processus de restauration de la confiance mis en place après l'accord de Vienne sur le programme nucléaire de la République islamique, a déclaré le ministre des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif.
Ce dernier n'a ni confirmé ni infirmé les informations, annoncées lundi par un responsable américain sous couvert d'anonymat, selon lesquelles son pays avait procédé à un tir de missile balistique. Le chef de la diplomatie iranienne a souligné que le programme balistique n'était pas "concerné" par l'accord de Vienne ni par la résolution 2231. Les missiles iraniens "ne sont pas conçus pour porter des têtes nucléaires", a-t-il ajouté.
De son côté, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence mardi pour discuter d'un tir de missile de moyenne portée effectué par l'Iran. Ce sont les États-Unis qui ont demandé ces consultations d'urgence après que l'ambassadeur d'Israël à l'ONU a appelé le Conseil de sécurité à agir.
Washington demande une réunion urgente du Conseil de sécurité
"À la lumière du tir de missile de moyenne portée effectué le 29 janvier par l'Iran, les États-Unis ont demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité", indique la délégation américaine dans un communiqué. Les discussions sur l'Iran se tiendront après une réunion sur la Syrie prévue à 10 h heure locale (15 h GMT), selon des diplomates.
C'est la première demande de consultations formulée par Washington depuis la nomination par le président Donald Trump de la nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley. Ces derniers mois, Donald Trump avait critiqué à plusieurs reprises l'accord sur le nucléaire iranien qui a permis une levée des sanctions internationales contre Téhéran.
Téhéran a répliqué par la voix de Mohammad Javad Zarif, qui a mis en garde les Américains sur le fait de créer de "nouvelles tensions" à propos du programme de missiles balistiques de l'Iran. "Nous espérons que la question du programme défensif de l'Iran (...) ne sera pas utilisé comme un prétexte" par la nouvelle administration américaine pour "provoquer de nouvelles tensions", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue français.
La Russie, membre du Conseil de sécurité de l'ONUb et allié de la République islamique, a indiqué que le tir de missile par l'Iran ne constitue pas une violation de la résolution de l'ONU. "La résolution 2231 du Conseil de sécurité ne comporte pas d'interdiction pour l'Iran de mener de telles actions", a déclaré à l'agence Interfax le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.
Avec AFP et Reuters