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Syrie : Alep pilonnée, Kerry dénonce des "crimes de guerre"

Damas resserre de plus en plus l'étau, samedi, sur les rebelles assiégés à Alep, en pilonnant sans cesse leurs derniers repaires. John Kerry a accusé le régime syrien de "crimes contre l'humanité", lors d'une réunion, samedi, à Paris.

Le régime syrien resserre de plus en plus son étau sur Alep. Samedi 10 décembre, les troupes de Bachar al-Assad pilonnaient par les airs, sans relâche, les rebelles assiégés et acculés à Alep-Est. Le régime contrôle désormais 85 % des quartiers que les insurgés tenaient, avant le lancement le 15 novembre de l’offensive.

Les bombardements sont intenses et des colonnes de fumée s'élèvent dans le ciel de plusieurs secteurs, selon un correspondant de l'AFP. "Le pilonnage est d'une intensité inouïe", a déclaré, de son côté, Ibrahim Abou al-Leith, le porte-parole de l'organisation des secouristes des Casques Blancs à Alep, qui se trouve dans l'un des quartiers rebelles. "Les rues sont pleines de gens sous les décombres. Ils meurent parce qu'on ne peut pas les sortir de là", a-t-il ajouté.

Retranchés dans leur dernier carré, un périmètre de moins de 15 km2, les rebelles ont tiré des roquettes sur les quartiers pro-régime, où au moins 105 civils ont péri en plus de trois semaines.

"Bombardement aveugle"

Loin des combats, la communauté internationale tente toujours de trouver une issue au conflit. Le secrétaire d’État américain John Kerry participait, samedi, à Paris, à une conférence internationale de pays occidentaux, arabes et de la Turquie, pour évoquer le sort de la deuxième ville de Syrie. Le représentant américain a qualifié la situation de "pire catastrophe depuis la Seconde Guerre mondiale".

La Syrie est coupable de "crimes contre l'humanité" à Alep, a accusé John Kerry depuis la capitale française. "Le bombardement aveugle par le régime viole le droit international et dans beaucoup de cas [représente] des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et doit cesser", a martelé le chef de la diplomatie américaine. Il a également exhorté Bachar al-Assad à renouer le dialogue, à coopérer avec l'opposition, pour mettre en place une transition politique.

Cette conférence de Paris se tient avant une autre réunion "technique" américano-russe, à Genève cette fois-ci. Ce rendez-vous diplomatique doit aussi tenter de trouver des solutions pour "sauver Alep d'une destruction absolument totale", selon les termes du secrétaire d'État américain.

Deux cents soldats américains supplémentaires en Syrie

Les civils alépins font face à une terrible situation. Ils subissent non seulement le siège du régime, mais sont aussi utilisés comme boucliers humains par des groupes rebelles.

Le régime Assad a ignoré les multiples appels internationaux à la trêve et son allié russe a affirmé que l'offensive d'Alep ne cesserait qu'après le départ de tous les "bandits", en allusion aux rebelles.

Samedi, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a annoncé le déploiement en Syrie de 200 soldats supplémentaires, incluant des forces spéciales, des formateurs, des conseillers et des équipes d'experts en explosifs.

Ils appuieront les 300 soldats américains déjà présents en Syrie pour conseiller la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui cherche à chasser l'organisation État islamique de Raqqa.

Avec AFP