logo

Syrie : Kerry menace Moscou de geler la coopération entre les États-Unis et la Russie

Le secrétaire d'État John Kerry a menacé mercredi son homologue russe, Sergei Lavrov, de suspendre l'engagement des États-Unis avec la Russie sur la Syrie si Moscou ne mettait pas fin aux bombardements à Alep.

Les États-Unis ont menacé, mercredi 28 septembre, de geler leur coopération avec Moscou sur la Syrie tandis que le secrétaire général de l'ONU a qualifié de "crimes de guerre" les bombardements des deux principaux hôpitaux de la partie rebelle de la ville d'Alep.

Pour les ONG et des habitants, ces bombardements, mercredi à l'aube, sont des attaques délibérées du régime syrien et de son allié russe et visent à annihiler les infrastructures encore en service dans les secteurs assiégés qui manquent déjà de tout et vivent sous une pluie de bombes.

Lors d'une conversation téléphonique, le secrétaire d'État américain John Kerry a informé son homologue russe Sergei Lavrov que "les États-Unis se préparaient à suspendre leur engagement bilatéral avec la Russie sur la Syrie" si Moscou, allié du régime syrien, ne mettait pas fin aux bombardements sur Alep.

À Moscou, le ministère russe de la Défense a répondu en évoquant l'envoi d'experts militaires à Genève pour une "reprise des consultations" avec les États-Unis.

"Nous ne laisserons pas Alep devenir le Guernica du XXIe siècle", a averti de son côté le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

"Les attaques délibérées contre les hôpitaux sont des crimes de guerre"

Mercredi à l'aube, les deux plus grands hôpitaux de la partie rebelle d'Alep ont été contraints de suspendre leurs activités après avoir été endommagés, l'un par un raid, l'autre par un tir d'artillerie, a annoncé la Syrian American Medical Society (SAMS), l'ONG basée aux États-Unis qui les gère.

Au moins deux patients ont été tués et deux membres du personnel soignant blessés dans ces attaques, selon Médecins sans frontières (MSF).

"Ceci est une guerre menée contre les travailleurs de santé en Syrie", a dénoncé Ban Ki-moon, en rappelant que le droit international obligeait à protéger le personnel et les installations médicales. "Les attaques délibérées contre les hôpitaux sont des crimes de guerre", a-t-il rappelé.

Pour Diana Semaan, d'Amnesty International, de telles frappes visent à contraindre les 250 000 habitants des secteurs rebelles d'Alep à fuir vers les zones gouvernementales. "Le seul objectif de ces attaques contre les hôpitaux est d'accroître les souffrances des civils", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Qualifiant les attaques de "délibérées", Adham Sahloul, de la Syrian American Medical Society (SAMS, une ONG basée aux États-Unis qui gère une partie des hôpitaux de la partie rebelle d'Alep), a précisé qu'il "ne restait plus que six hôpitaux en activité" dans les quartiers est d'Alep. Et "s'il y a une nouvelle offensive, cela signera l'arrêt de mort pour des centaines de personnes".

"Une solution politique n'est plus une option viable dans le climat actuel"

"Les gens blessés et malades qui se trouvent dans un état grave doivent être évacués d'Alep-Est", a plaidé MSF. "Pour le moment, ils sont piégés et peuvent mourir".

"Une solution politique n'est plus une option viable dans le climat actuel" de violences, notamment à Alep, a estimé Mouwafaq Nyrabia, vice-président de la Coalition nationale syrienne (CNS), la principale formation de l'opposition syrienne en exil.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 165 personnes, en très grande majorité des civils, ont été tuées dans les quartiers rebelles d'Alep depuis le 22 septembre, début d'une vaste offensive du régime visant à reprendre ces secteurs.

La guerre en Syrie a débuté en 2011 après la répression sanglante de manifestations prodémocratie. Elle a fait plus de 300 000 morts.

Avec AFP