
Farouche opposant à la politique de François Hollande, l'ancien ministre de l'Économie Arnaud Montebourg, qui doit officialiser dimanche sa candidature pour 2017, liste ses principales propositions dans une interview accordée au Journal du Dimanche.
L'ancien ministre de l'Économie Arnaud Montebourg, qui doit annoncer, dimanche 21 août, sa candidature à la présidentielle, qualifie son projet de "socialiste mais pas seulement" dans le Journal du Dimanche.
En même temps qu'il officialisera sa candidature, Arnaud Montebourg présentera son "projet France" décliné en 25 propositions lors de la traditionnelle "fête de la Rose" de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).
Selon le JDD, l'ancien ministre et désormais opposant de François Hollande propose de rétablir le service national, un service civil ou militaire obligatoire de six mois et égalitaire pour les hommes et les femmes.
Des mesures en faveur du pouvoir d'achat et des PME
Des mesures en faveur du pouvoir d'achat prévoient l'annulation pour les classes moyennes et populaires de toutes les hausses d'impôts décidées ces cinq dernières années par François Hollande.
Arnaud Montebourg, qui a rejoint le monde de l'entreprise après sa sortie du gouvernement, compte lancer une mobilisation nationale en faveur des PME exerçant leur activité en France : 80 % des marchés publics leur seront réservés pendant huit ans.
Sur l'Europe, il entend demander aux Français "un mandat de dépassement des traités européens et de refondation de l'Union européenne". Il promet de décréter la "fin de l'austérité", soit l'abandon du plafond de 3 % du déficit public autorisé au sein de l'UE.
Une candidature "bienvenue" pour le Premier secrétaire du PS
Défenseur de longue date d'un passage à la VIe République, Arnaud Montebourg veut changer les missions et la composition du Sénat, où siègeraient des citoyens tirés au sort, ainsi que la réduction du nombre de députés qui seraient élus à la proportionnelle intégrale.
Ce projet est "socialiste mais pas seulement", résume-t-il dans le JDD, manière de critiquer sans le nommer l'actuel ministre de l'Économie Emmanuel Macron, qui a confié vendredi lors d'une visite en Vendée sur les terres de Philippe de Villiers : "L'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste".
"La candidature de Montebourg n'est pas inattendue, elle est bienvenue", a réagi le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, également dans les colonnes du JDD. "Je l'attends avec impatience pour répondre à mes interrogations : pourquoi a-t-il choisi François Hollande plutôt que Martine Aubry à la primaire de 2011 ? Pourquoi lui, le 'démondialisateur', le keynésien, a-t-il avalé tout cru le traité européen et le pacte de responsabilité ? Pourquoi a-t-il choisi Manuel Valls ? L'ambiguïté est là", a-t-il ajouté.
Outre Arnaud Montebourg, l'ancien ministre de l'Éducation Benoît Hamon, la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann et le membre du conseil national du PS Gérard Filoche ont annoncé qu'ils se lançaient dans la course vers 2017.
À la question de savoir si la multiplicité des candidatures est le signe que celle de François Hollande n'est pas légitime aux yeux des socialistes, Jean-Christophe Cambadélis répond : "J'observe surtout que les frondeurs n'ont pas réussi à s'accorder sur une candidature unique".
"Pour beaucoup de responsables de gauche et de socialistes, [la candidature de François Hollande] est une nécessité", ajoute-t-il. "Je crois qu'il se prépare à toutes les éventualités mais que la balance penche vers sa candidature. Il doit penser qu'on l'a enterré un peu trop vite."
Avec AFP