
Après deux ans passés en Belgique pour y être soigné, l'opposant congolais Étienne Tshisekedi est de retour à Kinshasa. Quelque 100 000 partisans l'attendaient à l'aéroport malgré les heures de retard de son vol.
Après deux ans d'absence, les militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) n’ont pas oublié Étienne Tshisekedi. L'avion de l'opposant historique de République démocratique du Congo a atterri mercredi 27 juillet à Kinshasa, accueilli par des milliers de partisans brandissant les signes de l'UDPS et des effigies de l'opposant.
Une dizaine de cadres de son parti, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et des responsables du "Rassemblement", la plateforme d'opposition nouvellement créée en Belgique, attendaient au bas de la passerelle, selon des journalistes présents.
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"On peut voir "une vague de 100 000 personnes [...] devant l'aéroport. Les forces de l'ordre ont du mal à la faire reculer", commentait juste avant l'arrivée de l'avion Thomas Nicolon, correspondant France 24 à Kinshasa. À l'aéroport, régnait une atmosphère de grande tension et de panique en "raison des charges répétées des forces de l’ordre qui tirent, parfois à même à balles réelles", poursuit le journaliste.
Un "retardement volontaire"
La foule était d’autant plus compliquée à contenir que l’avion de Tshisekedi a accusé plusieurs heures de retard. Le parti de l'opposant historique a dénoncé un "retardement volontaire" de son vol privé provenance de Belgique."Nous dénonçons l'ordre donné par le commandant de l'aéroport" à l'équipage "pour que l'avion du président Tshiskedi arrive à 17 h (16 h GMT) au lieu de 13 h (12 h GMT) afin d'empêcher un accueil délirant" de ses partisans, a déclaré à l'AFP Augustin Kabuya, un des porte-parole de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Refusant de commenter ces accusations, Georges Tabora, le commandant de l'aéroport de Ndjili, a seulement déclaré à l'AFP que "l'heure d'atterrissage qui m'a été communiquée est 14 h (13 h GMT). Il a ajouté n'avoir "aucune emprise sur l'heure de l'aéroport de décollage".
Âgé de 83 ans, l'opposant avait été évacué de Kinshasa par avion médicalisé le 16 août 2014. Il a passé deux ans en convalescence en Belgique, l'ancienne puissance coloniale. Jusqu'ici l'opposition n'a jamais réussi à former un front uni contre le régime de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de rester après la fin de son mandat le 20 décembre.
"Dialogue national"
Son retour doit intervenir à quelques jours du lancement des travaux préparatoires au "dialogue national" en RD Congo, selon le calendrier publié par le facilitateur de l'Union africaine, l'ex-Premier ministre togolais, Edem Kodjo. Mais, dans un communiqué publié dimanche à Bruxelles et signé par Tshisekedi, le "Rassemblement" d'opposition congolaise présidé par l'opposant avait récusé Edem Kodjo, estimant trop rapide le début des travaux.
Fin novembre, le président Kabila avait annoncé son intention de convoquer un "dialogue national inclusif" en vue d'"élections apaisées" en RD Congo. Le climat politique est très tendu dans le pays, l'opposition suspectant M. Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir.
Un arrêt récent de la Cour constitutionnelle l'a autorisé à rester en fonction si l'élection présidentielle censée avoir lieu cette année n'était pas organisée.
Avec AFP