
Plus d'un Européen sur deux craint que l'arrivée de réfugiés n'augmente le risque d'attentats dans leur pays, selon un sondage publié lundi. Une forte proportion estime qu’ils représentent un fardeau pour l'économie.
Selon une enquête publiée lundi 11 juillet par l'institut américain Pew Research, une majorité d'Européens craint que l'afflux de réfugiés sur le continent n'augmente le risque d'attentats et une forte proportion s'inquiète des conséquences pour leur emploi.
Dans huit des dix pays sondés, représentant 80 % de la population européenne, au moins la moitié de l'opinion juge que l'arrivée de réfugiés - estimée à plus d'un million en Europe en 2015 - "accroît le risque terroriste". En Hongrie et en Pologne, cet amalgame atteint des records, avec respectivement 76 % et 71 % des sondés. Les Allemands, qui ont accueilli le plus important nombre de migrants, sont 61 % à partager cette inquiétude. En France, pays durement frappé par le terrorisme en 2015, ils sont une minorité (49 %) à penser ainsi.
Les réfugiés perçus comme un fardeau pour l'économie
"L'envolée récente du nombre de réfugiés en Europe a pris une place prépondérante dans la rhétorique anti-immigrés des partis d'extrême droite sur tout le continent et dans le débat très controversé autour de la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne", juge l'institut Pew Research.
L'inquiétude des Européens ne se limite pas aux considérations sécuritaires, puisqu’elle concerne aussi leur situation économique. À la question de savoir si "les réfugiés représentent un fardeau car ils prennent les emplois et les avantages sociaux" des locaux, moins d'un tiers des Allemands (31 %) se disent d'accord avec cette formulation, contre 82 % en Hongrie, 75 % en Pologne, 72 % en Grèce, 65 % en Italie et 53 % en France.
Enfin, le sondage montre une augmentation des sentiments négatifs des Européens à l'égard des musulmans, y compris en France où cependant seule une minorité (29 %) partage ce sentiment, selon l'enquête. Les Européens sont globalement plus nombreux à penser que la diversité culturelle et ethnique est une mauvaise chose pour leur pays que l'inverse. Et une majorité juge qu'il est important de partager des habitudes et traditions communes pour appartenir réellement à une communauté nationale.
Avec AFP et Reuters