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Michèle Alliot-Marie candidate à l'élection présidentielle

L'ancienne ministre Michèle Alliot-Marie a déclaré lundi qu'elle comptait se présenter directement à l'élection présidentielle de 2017 sans passer par la primaire organisée à droite, qu'elle juge "truquée".

Michèle Alliot-Marie ne semble guère se soucier de la primaire de la droite et du centre. L'ancienne ministre a annoncé son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2017 sans passer par la case primaire, a rapporté Le Monde lundi 20 juin sur son site internet. "Ma décision est prise", a déclaré la chiraquienne sur le site du quotidien français. À 69 ans, celle qui a assumé l’ensemble des ministères régaliens entre 2002 et 2011 (affaires étrangères, défense, intérieur et justice), annoncera officiellement sa candidature le 4 juillet à Schiltigheim (Bas-Rhin).

"MAM" ne rejette toutefois pas totalement l’idée de participer au scrutin des 20 et 27 novembre prochains. "Elle n'y participera que si elle a la certitude que le processus se passera de manière équitable", soutient son entourage, cité par le quotidien. Mais n’en reste pas moins critique. "Elle ne veut pas participer à une élection qu'elle juge truquée : les autres candidats ont tous accès aux fichiers des adhérents, le patron du parti (Les Républicains, ndlr), Nicolas Sarkozy, utilise les moyens du parti pour faire campagne, le patron de la primaire, Thierry Solère, parraine un candidat en la personne de Bruno Le Maire", affirme la même source.

"Négocier un poste de ministre"

Pour l’heure, la future candidate n'est pas prête à ajouter son nom à la longue liste des aspirants de la primaire de droite qui compte déjà douze candidats déclarés, en attendant Nicolas Sarkozy. "Aujourd'hui, on me parle de primaires, de procédures... Cela ne m'intéresse pas car ce n'est pas au niveau des enjeux. Certains se présentent à la primaire pour se faire connaître ou pour négocier un poste de ministre. Cela n'a pas de sens", confie au Monde la gaulliste revendiquée qui fut la première femme à présider le RPR, de 1999 à 2002. J’en vois trop qui réagissent au jour le jour sur le petit événement qui vient de se produire, avec le mot le plus dur possible pour faire parler de lui."

La maire de Saint-Jean-de-Luz entend bien se distinguer de ses rivaux en se confrontant directement au peuple. "Moi, je prends du recul et de la hauteur, précise-t-elle. La présidentielle, c’est d’abord un projet sérieux auquel on croit, qui prend en compte les réalités géostratégiques de notre pays et se projette dans l’avenir, sans se préoccuper des sondages et de la démagogie ambiante. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que va devenir la France dans les vingt prochaines années."

Manque de soutiens

Ses adversaires voient surtout dans cette manœuvre son incapacité à rassembler les soutiens nécessaires. Cette dernière n’est en effet actuellement pas en mesure de se qualifier à la primaire. Si elle dispose de quelques soutiens comme l’ex-secrétaire d’État Marie-Anne Montchamp ou le député Maurice Leroy (Union des démocrates et indépendants, Loir-et-Cher), aucun parlementaire ne semble prêt à la parrainer.

En attendant l’officialisation de candidature, Michèle Alliot-Marie arpente la France "sans caméra, ni média" pour y établir les soixante-dix comités locaux de Nouvelle France, le micro-parti qu’elle a créé le 7 avril, destiné à rassembler les Français. Créditée de 1 % des intentions de vote à la primaire, difficile de penser qu’elle pourra véritablement peser dans la campagne.