
Le parquet de Paris a ouvert, mercredi, une information judiciaire sur l'agression, à Marseille, d'un enseignant juif et demandé que le mineur soupçonné soit placé en détention pour tentative d'assassinat aggravée notamment en raison de la religion.
Le parquet de Paris a demandé, mercredi 13 janvier, le placement en détention provisoire du suspect de l’agression d’un enseignant juif de Marseille, et ouvert une information judiciaire pour "tentative d'assassinat aggravée en raison de la religion et en relation avec une entreprise terroriste".
Âgé de 15 ans, le jeune turc d'origine kurde, inconnu des services de renseignement, n'a montré "aucun regret, si ce n'est celui de ne pas avoir tué sa victime", selon une source proche de l'enquête. Il a exprimé une intention de "planter" les juifs et les policiers" qu'il a qualifiés de "mécréants", a-t-elle ajouté.
Le professeur, Benjamin Amsellem, qui selon son avocat a eu "le sentiment" que son agresseur voulait le "décapiter", a pu se défendre et s'en est finalement sorti avec des blessures légères. L'adolescent a, lui, été interpellé quelques minutes après l'agression.
"Bon élève, mais isolé à l’école"
Issu d'un milieu "classique et normal", ce lycéen qui avait de bonnes notes se serait radicalisé "via internet", selon le parquet de Marseille.
Une source proche de l'enquête le décrit comme "isolé" à l'école, mais ne posant aucun problème jusque-là. "Ses parents sont déboussolés", ajoute cette source, qui évoque "un emballement très récent" chez l'adolescent.
Selon le journal "La Provence" qui cite une source policière, le jeune homme serait "le profil le plus inquiétant que l'on ait rencontré à Marseille, pour l'heure". Le quotidien précise que le suspect tenait un discours "structuré, quasi politisé" face aux questions des enquêteurs de la brigade criminelle de la sûreté départementale, qui ont procédé à ses premières auditions.
Son acte a déclenché un débat sur le port de la kippa dans l’espace public à Marseille, certains responsables conseillant aux croyants de la retirer pendant un certain temps, d’autres s’y opposant. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a indiqué, mercredi, qu'il se rendrait "dans les prochains jours à Marseille pour réaffirmer la détermination de l'État à protéger tous ses enfants et la liberté de culte".
Sept mineurs recherchés en France
En comptant le suspect de l’agression de Marseille, treize mineurs sont actuellement mis en examen dans des dossiers de jihadisme, dont trois en détention provisoire et dix sous contrôle judiciaire, selon les chiffres du parquet de Paris. Sept autres mineurs font l'objet d'un mandat de recherche.
La peine de prison pour des mineurs de moins de 16 ans pour les faits les plus graves, comme une tentative d'assassinat, ne peut excéder 20 ans.
Avec AFP.