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L'ancien numéro un mondial de l'automobile, General Motors, a officiellement déposé le bilan afin de donner naissance à un groupe "plus sain". Autre constructeur, autre déroute : la vente partielle de Chrysler à Fiat est entérinée.

Cent un ans après sa fondation dans le Michigan, General Motors a officiellement déposé le bilan et s'est mis sous la protection du chapitre 11 du code des faillites américain. Le fleuron de l’industrie automobile américaine, et premier constructeur mondial pendant 77 ans, n’a pas résisté à la crise mondiale. Autre victime de la conjoncture, Chrysler, numéro 3 américain, passe - en partie - entre les mains d’un groupe d’investisseurs mené par l’Italien Fiat.

"Aujourd’hui restera un jour historique : la fin de l’ancien GM et le début d’un nouveau", a annoncé l’administration du président américain Barack Obama. Car cette faillite, la troisième plus importante de l’histoire des Etats-Unis après Lehman Brother en 2008 et WorldCom en 2002, se veut aussi le début d’un nouveau groupe, plus petit et resserré autour de ses "actifs les plus sains". Première conséquence de la débâcle : le constructeur a annoncé la fermeture de 11 sites aux Etats-Unis et la mise au chômage technique de trois autres usines. En 2011, les effectifs du groupe devraient avoir été divisés par deux.

 

Une nationalisation de fait

La chute de l’empire GM était attendue et le gouvernement a eu le temps de s’y préparer. Lorsqu’en mars dernier l’administration Obama donne deux mois à  General Motors pour sortir de son chapeau un plan "viable" pour éviter la faillite, ils ne sont pas nombreux à croire à un sauvetage de dernière minute. Le groupe avait annoncé quelques semaines auparavant 30,9 milliards de dollars de pertes en 2008 et plus de 80 milliards depuis 2005. La chute de la demande mondiale a empiré les choses et le miracle n’a pas eu lieu.



S’ouvre maintenant une période de 60 à 90 jours pendant lesquels la transition entre le "gros" GM et le plus petit va être organisée. Le Trésor américain versera 30,1 milliards de dollars pour aider à la restructuration et recevra 60 % du capital du nouvel ensemble. Le Canada va également mettre la main à la poche pour 9,5 milliards de dollars en échange de 12 % du capital.

Une nationalisation de fait qui a poussé certains à surnommer la nouvelle entité à venir "Government Motors". L’objectif de l’administration est de mettre sur pied un groupe qui pourra être rentable en vendant 10 millions d’unités chaque année. Actuellement, GM devait en écoulé 16 millions pour être à l’équilibre.

Parts de marchés à prendre pour les constructeurs asiatiques

Dans le même temps, le processus de redressement judiciaire du numéro 3 américain, Chrysler, arrive à son terme. Le juge des faillites américain, qui planche sur le dossier depuis avril, a donné son accord à la reprise de la marque par un groupe d’investisseur emmené par Fiat pour 2 milliards de dollars. Le constructeur italien contrôlera 20 % du "nouveau Chrysler", les syndicats en auront 68 % et les États américain et canadien se partageront le reste.

Une restructuration du paysage automobile américain qui pourrait bien faire quelques heureux en Asie. "La conséquence immédiate est que des parts de marchés vont se libérer et que des concurrents comme Toyota, Honda, Nissan et Hyundai vont se jeter dessus", pronostique Christopher Richter, analyste pour CLSA, un fond d’investissement.