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Sous les bombes, les rebelles houthis fêtent le premier anniversaire de la conquête de Sanaa

Malgré les frappes aériennes de la coalition arabe, des milliers de sympathisants des rebelles chiites houthis se sont rassemblés, lundi à Sanaa, pour célébrer la conquête de la capitale il y a un an.

Un an jour pour jour après la prise de Sanaa par les rebelles houthis, la capitale du Yemen s’est réveillée une nouvelle fois, lundi 21 septembre, dans le fracas des bombes.

Au moins 30 personnes ont été tuées dans un bombardement de la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite dans la province de Hajjah, au nord-ouest de Sanaa, selon Reuters citant des sources médicales et des officiels. Avant l'aube, lundi, des frappes aériennes ont également visé des dépôts d'armes dans le quartier de Noqom, à l'est de la capitale, selon des témoins, et un raid a touché le quartier de Sawan où réside le parlementaire Ahmed al-Kahlani, proche de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, lui-même allié aux Houthis, selon des habitants.

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Malgré ces bombardements, des milliers de sympathisants des rebelles chiites houthis ont toutefois tenu à célébrer dans la joie le premier anniversaire de la conquête de Sanaa. Faisant fi des frappes aériennes, des milliers de sympathisants des rebelles chiites Houthis se sont rassemblés dans la capitale, agitant des drapeaux yéménites et, pour certains, des drapeaux du Hezbollah chiite libanais.

Les manifestants ont assisté, dans une ambiance festive, à un spectacle de chants et de danses folkloriques, vantant la "résistance" des Houthis "face à l'agression saoudienne".

Les rebelles ont fait du 21 septembre, date à laquelle ils ont conquis la capitale Sanaa en 2014, un jour férié.

"Le peuple est du côté des leaders de la révolution"

En amont de ce jour symbolique, les Houthis avaient incité la population à participer à la manifestation pour dénoncer aussi les "agressions d'Israël" sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Cette manifestation, organisée à l'appel du chef de la rébellion, Abdel Malek al-Houthi, "confirme au monde entier que le peuple est du côté des leaders de la révolution", ont affirmé les rebelles.

Dans un discours diffusé par la chaîne de télévision Al-Masirah, contrôlée par les rebelles, Abdel Malek al-Houthi s'est par ailleurs dit ouvert à "toute médiation pour une solution politique qui ne mette pas en péril la souveraineté nationale, ne légalise pas l'agression et ne porte pas atteinte à la révolution et à ses revendications légitimes".

Il n'a pas accédé ainsi à la demande principale du gouvernement reconnu par la communauté internationale, qui exige l'application de la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce texte somme les rebelles de se retirer de toutes les zones qu'ils ont conquises depuis un an et de remettre les armes prises à l'armée.

Le 21 septembre 2014, les Houthis s'étaient emparés du siège du gouvernement à Sanaa, avec le soutien apparent d'unités restées fidèles à Ali Abdallah Saleh, après une offensive lancée deux mois plus tôt depuis leur fief du nord du Yémen.

Issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme), ils s'estimaient marginalisés et ont justifié a posteriori leur action par deux impératifs : lutter contre la corruption qui gangrénait l'État et affronter Al-Qaïda qui s'était renforcé avec l'affaiblissement du pouvoir central suite au soulèvement contre l'ex-président Saleh.

Avec AFP et Reuters