
Alors que la mi-parcours approche sur le Tour de France 2015, l’heure des premiers bilans arrive. Et si la course au maillot reste fort logiquement indécise à l’aube des premiers cols de montagne, plusieurs événements ont déjà marqué cette édition.
Après neuf étapes et quelque 1 343 kilomètres parcourus, le Tour de France 2015 est évidemment loin, très loin, d’être joué. Mais si personne n’a encore gagné la Grande Boucle – il reste les Pyrénées et les Alpes à franchir – certains l’ont déjà perdue. Voici, en cinq points, les grands moments de cette première partie de Tour.
• Froome leader d’une meute au rendez-vous
Des "quatre fantastiques" annoncés comme favoris du Tour de France 2015, aucun n’a déçu en ce début de Grande Boucle. Sur le devant de la scène, l’Anglais Christopher Froome attaque les Pyrénées avec le maillot jaune sur les épaules. C’est tôt, mais le leader du Team Sky est capable de ne plus l’abandonner jusqu’à Paris.
Derrière, les challengers annoncés sont bien présents. Alberto Contador pointe au 5e rang avec 1'03 de retard. Le Colombien Nairo Quintana, lui, reste également sous les deux minutes. Il accuse 1'59 de retard sur la tête du classement général. Rien de rédhibitoire, en somme. Et même Vincenzo Nibali, qui arrivait sur le Tour avec quelques incertitudes, a réussi à limiter les dégâts au terme d’une première semaine piégeuse : il pointe à 2’22, en 13e position.
À noter également la présence en deuxième position de l’Américain Teejay Van Garderen, qui n’a que 12 secondes sur Froome et qui pourrait jouer le podium s’il confirme le coup de pédale qu’il a montré sur le Critérium du Dauphiné Libéré un mois plus tôt.
• Les Français à la traîne, Vuillermoz en sauveur
Après neuf arrivées, le bilan des Bleus est plus que mitigé. Au rang des satisfactions, la superbe victoire d’Alexis Vuillermoz au sommet du Mûr de Bretagne. Le Jurassien, qui avait déjà brillé sur les pourcentages du mur de Huy, a ravi un succès de prestige au nez et à la barbe des grands leaders, et notamment de Chris Froome, à l’arrivée de la 8e étape.
L’autre satisfaction du clan bleu n’a rien d’un coup d’éclat. La performance de Warren Barguil, qui dispute son tout premier Tour sous le maillot de Giant-Alpecin, est le fruit d’une étonnante maturité. On savait le Breton de 23 ans talentueux, mais après une semaine marquée par les pavés, les bordures et les chutes, il pointe au 14e rang, à 2’43 de Froome. Une belle satisfaction puisqu’il est le deuxième Français au général derrière Tony Gallopin, 11e à 2’01.
D’autres, plus attendus, se sont montrés moins inspirés. Au rang des principales déceptions, Thibaut Pinot figure en très bonne place. Le troisième du dernier Tour visait un nouveau podium, il devra se contenter au mieux d’une belle étape. Le grimpeur de la FDJ, anonyme 29e au classement, accuse désormais plus de huit minutes de retard sur la tête de la course.
• Un maillot jaune maudit, un peloton tendu
Depuis le début du Tour, revêtir le maillot jaune n’a pas porté chance aux quelques coureurs qui ont eu cet honneur. Deux d’entre eux ont même été contraints à l’abandon : le Suisse Fabian Cancellara, pris dans l’impressionnante chute collective de la 3e étape, puis Tony Martin, qui a goûté au bitume dans le final de la 6e étape.
Deux moments forts d’une première semaine pour le moins piégeuse, qui aura connu l’abandon de pas moins de 13 coureurs. De quoi faire frémir Froome, l’actuel leader du classement ?
• L’Afrique au sommet
Tandis que la lutte pour le maillot jaune cristallisait l’attention, c’est sous une autre tunique que l’Afrique a écrit les premières lignes de son palmarès sur le Tour de France. Quelques mois après l’officialisation de la présence de la MTN-Qhubeka, première équipe africaine sur le Tour, l’Érythréen Daniel Teklehaimanot est devenu le premier coureur africain à revêtir un maillot distinctif.
Vainqueur du classement de la montagne sur le Dauphiné, le coureur de la MTN a décroché les pois sur le Tour au soir de la sixième étape, au Havre. Un maillot qu’il n’a pas abandonné depuis et avec lequel il attaquera donc les premiers cols pyrénéens.
• Le dopage toujours présent
Le gros point noir de cette première partie de l’édition 2015 de la Grande Boucle, c’est sans conteste l'exclusion de l'Italien Luca Paolini, contrôlé positif à la cocaïne le mardi 7 juillet. Un camouflet pour la formation russe Katusha qui l'a immédiatement exclu de la course. Le dernier coureur à avoir été contrôlé positif à cette substance sur les routes du Tour était le Luxembourgeois Frank Schleck, lors de l'édition 2012.