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Des milliers d'Haïtiens résidant en République dominicaine menacés d'expulsion

Des milliers d'Haïtiens en situation irrégulière et résidant en République dominicaine pourraient se voir rapatrier à la frontière, faute de n'avoir pu participer à une campagne de régularisation qui vient d'expirer. Colère et désespoir.

Les scènes de panique et de bousculade se sont multipliées ces derniers jours à Saint-Domingue. Les Haïtiens en situation irrégulière résidant en République dominicaine se sont massivement rendus au ministère de l'Intérieur pour échapper à une expulsion prévue dans le cadre d'un plan de régularisation, arrivé à expiration mercredi 17 juin.

Selon le Mouvement justice migratoire, qui regroupe des organisations de la communauté haïtienne et des syndicats, 200 000 des plus de 450 000 Haïtiens que compte le pays n'ont pas pu participer à temps à cette campagne de régularisation et risquent désormais d'être rapatriés en Haïti.

Si la Direction générale des services migratoires (DGM) a assuré qu'"il n'y aura[it] pas de déportations massives", les milliers d'Haïtiens, qui constituent la communauté étrangère la plus importante du pays mais aussi la plus pauvre, craignent toutefois de devoir partir.

Les ONG au secours des enfants

Leur peur a été d’autant plus grande que le gouvernement a dépêché plusieurs bus et réquisitionné des centres de rétention pour organiser les rapatriements des étrangers en situation irrégulière.

Des ONG sont montées au créneau jeudi et ont plaidé pour un traitement humain dans ces éventuelles expulsions : "Que les enfants restent avec leurs familles, pour éviter les expulsions d'adultes sans enfants et le transfert collectif d'enfants avec des adultes qu'ils ne connaissent pas", a demandé la coalition ONG pour l'enfance.

Les ONG Plan International, Save the Children et World Vision ont également souhaité, en conférence de presse, que le gouvernement respecte les droits des enfants.

Le gouvernement de Danilo Medina a, de son côté, commencé le traitement des demandes de régularisation de 288 466 étrangers, en grande majorité haïtiens, ayant pu prendre part au plan. "Nous avons une base de données, avec des photos, des empreintes, et nous sommes en train de compléter les données des formulaires pour ensuite appeler et convoquer" les étrangers régularisés afin de leur remettre leurs papiers, sous forme d'étiquette sur leur passeport ou de carnet à part, valable deux ans, a expliqué à la presse Samir Santos, directeur exécutif du plan.

Avec AFP