
Un projet de réforme électorale concernant la désignation du futur dirigeant de l'éxécutif est soumis au vote du conseil législatif de Hong Kong. Ce projet fait l'objet d'une épreuve de force entre militants prodémocratie et pro-Pékin.
Le Conseil législatif de Hong Kong débat à partir du mercredi 17 juin sur le vote d’une réforme électorale. Ce texte, qui fixe les modalités de l’élection en 2017 du chef de l’exécutif de l’ancienne colonie britannique, revenue dans le giron de la Chine en 1997, avait jeté dans la rue l’an dernier des manifestants pro-démocratie. Ces derniers avaient paralysé une partie de la ville pendant deux mois.
Le texte, concocté par le gouvernement de Hong Kong sous le contrôle du gouvernement central chinois, prévoit pour la première fois d'instaurer le suffrage universel alors que le chef de l'exécutif était jusqu'alors désigné par un collège de grands électeurs loyal à Pékin. Mais, pour ces opposants, il s’agit d’une "parodie" de suffrage universel, car le Parti communiste chinois (PCC) garde la haute main sur le processus, puisque seuls deux ou trois candidats adoubés par un comité aux ordres seront autorisés à se présenter.
Dans l’autre camp, les militants pro-Pékin soutiennent ce projet. "Il s’agit de l’alliance pour la paix et la démocratie, un mouvement assez artificiel qui a vu le jour il y a un peu plus d’un an pour contrer les mouvements pro-démocratie qui se mobilisaient. Ce groupe a été soupçonné de payer ses participants, qui en général ne veulent pas parler à la presse", décrit Florence de Changy.
Pour la correspondante de France 24, le projet de réforme n’a à ce stade que "peu de chances de passer". Les députés pro-démocratie ont en effet déjà fait savoir qu'ils voteraient contre, ce qui signe par avance la mise en échec du projet puisqu'il n'obtiendra pas la majorité des deux-tiers nécessaire à son adoption.
itDes suspects arrêtés
La sécurité a en tout cas été renforcée autour du conseil législatif en prévision d’une nouvelle manifestation du "Mouvement des parapluies" lors de l’ouverture du débat parlementaire. Près de 200 policiers ont été postés à l’intérieur pour éviter l’incursion de protestataires.
Les forces de l’ordre ont également arrêtés 10 personnes soupçonnées de fabriquer des explosifs, dont une appartiendrait à un "groupe radical local". La presse locale a rapporté que le groupe radical en question était le Parti national indépendant (PNI), né en janvier dans la mouvance dite "localiste".
Des produits chimiques ont été retrouvés dans le district de Sai Kung (nord-est de Hong Kong). Des produits pouvant servir à la fabrication de peroxyde d'acétone (TATP), un explosif puissant mais très instable, ont été saisis lors d'une perquisition de domicile. Des cartes du centre de Hong Kong ont aussi été découvertes, de même que des carabines à air comprimé et des masques.
"Cette étrange information n’a pas été prise au sérieux par le public, souligne toutefois Florence de Changy. Car Hong Kong n’a jamais été la cible d’attentats terroristes d’aucune sorte et aussi parce que personne n’a jamais entendu parler du parti soi disant derrière ce groupe extrémiste", poursuit-elle.
Cinq hommes et une femme poursuivis pour "conspiration en vue de fabriquer des explosifs" doivent comparaître mercredi devant un tribunal. Un homme et trois femmes ont été libérés sous caution en attendant plus d'informations au cours de l'enquête.
Avec AFP