
Kickstarter, le leader mondial du "crowdfunding", le financement participatif, s'implante en France. Les artistes ou entrepreneur français peuvent désormais collecter des fonds sur cette plateforme Internet à l'audience planétaire.
À 25 ans, Marie Beauchesne n'a pas froid aux yeux. Après trois années passées dans la publicité, cette jeune femme s'apprête à tout lâcher pour lancer son affaire, une marque de vêtement.qui n’est pas tout à fait comme les autres.
"Toutes mes créations sont inspirées de vraies femmes avec des profils psychologiques et morphologiques très différents. C’est une nouvelle manière de concevoir le vêtement. puisque je pars vraiment de la femme qui va le porter", explique la créatrice.
Pour financer sa collection, Marie compte sur les Internautes du monde entier. Elle fait appel au site Kickstarter, le leader mondial du financement participatif : "Kickstarter se lançant en France, je me suis dit que c'était l'opportunité d'avoir de la publicité gratuite. Comme je n'ai pas les moyens d'en faire, être parmi les premiers projets de la plateforme, cela aide".
Philippe Mounier, un producteur de films d’animation mise aussi sur la plateforme américaine pour son dernier projet, l’adaptation d’une bande dessinée intitulée "Deuxième génération", l’histoire des relations entre un fils et son père, rescapé d'Auschwitz.
"On sait qu'il y a 8,5 millions de personnes qui suivent aujourd'hui Kickstarter. Nous sommes dans le lancement européen. Nous espérons que les personnes qui suivent Kickstarter aujourd'hui aux États-Unis, en Asie, au Canada vont être intéressées par ce qui se passe en Europe", estime ce producteur.
Un concurrent sur le marché français
Fort de son audience mondiale, Kickstarter entend désormais s'imposer en France. L'an passé, l'Américain a récolté 475 millions d’euros, loin devant les deux poids lourds locaux, Kiss Kiss Bank Bank, qui en a engrangé 14,9 millions et Ulule qui a réussi a collecter 12,9 millions. Mais avec des taux de réussite supérieurs, les français affichent leur sérénité, comme Vincent Ricordeau, le PDG de Kiss Kiss Bank Bank : "Kickstarter va jouer sur sa puissance et nous on va continuer à jouer notre rôle de proximité. J'ai l'impression encore une fois que cela peut être favorable au marché en terme de notoriété".
"On est une plateforme, mais derrière il y a une équipe d'accompagnement. Dans les personnes qui sont là, il y en a 10 qui font de l'accompagnement à temps plein. Et donc tous les porteurs de projet sont accompagnés pour aller vers une démarche de financement participatif", ajoute son concurrent Arnaud Burgot, le directeur général d’Ulule.
Le financement alternatif est en plein essor. Le nombre de sites a doublé l'an passé, même si très peu d'entre eux gagnent de l'argent. Face à la machine Kickstarter, seuls les plus solides résisteront.