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André Ayew : "J’aime trop le foot pour ne pas jouer"

Lors d'un entretien accordé à RFI et France 24, André Ayew est revenu sur le trophée Marc-Vivien Foé, qu'il a remporté lundi 18 mai. Il a notamment rendu un hommage appuyé à son club de l’Olympique de Marseille.

André Ayew, lauréat du Prix Marc-Vivien Foé, est revenu sur les antennes de RFI et de France 24 sur l’importance de ce trophée, ainsi que sur les moments forts de ses onze premières années de carrière, intimement liées à l’Olympique de Marseille.

Sur le Prix Marc-Vivien Foé

"Honnêtement je suis très heureux, très fier de recevoir ce titre. Ça fait quelques années que j’en suis tout proche. Aujourd’hui, à force de travail, de persévérance et de courage, j’ai fini par l’obtenir. Ça montre que le travail paie."

"Je n’ai pas connu personnellement Marc-Vivien Foé. C’était un grand joueur, mais aussi un grand homme qui a beaucoup apporté au football camerounais, et au football africain. On a perdu quelqu’un d’immense, qui aurait pu faire beaucoup de grandes choses à la fin de sa carrière. Marc-Vivien Foé, c’était quelqu’un de très bien, de très intelligent. On pense encore à lui et d’ailleurs, je dédie ce titre à toute sa famille, notamment sa femme et ses enfants."

Sur son parcours

"Si j’en suis là aujourd’hui, c’est vrai que ma mère a fait beaucoup, mais ma tante Halla m’a également énormément soutenu […] Pape Diouf [l’ancien président de l’OM] a été comme un papa pour moi, et même un peu plus. Il avait déjà été un père pour mon propre père [Abédi Pelé, NDLR) lorsqu’il est arrivé à l’OM… Il a été quelqu’un de très important dans ma carrière, et il le restera jusqu’au bout."

"Au fil des saisons à l’OM, j’ai eu un rôle de plus en plus important. J’ai essayé de le tenir du mieux possible. Je pense que dans l’ensemble, on a fait un gros boulot à Marseille et à titre personnel, je suis très content de ce que j’ai fait à l’OM ces dernières années. Je suis quelqu’un qui a tout connu ici et j’ai toujours tout donné sur le terrain."

Sur son départ de l’OM

"J’appréhende vraiment ce dernier match (samedi 23 mai face à Bastia, NDLR). C’est bizarre de penser que ce sera mon dernier match au Stade Vélodrome. C’est bizarre, je ne sais pas… Je n’avais jamais pensé que ça pourrait arriver un jour, après 11 ans passés au club. Mais voilà, l’heure est arrivée… et je ne sais pas trop quoi dire dans cette situation."

"Je ne sais vraiment pas où je vais aller [la saison prochaine]. Il y a beaucoup de bonnes destinations, beaucoup de bons clubs. Le club de mes rêves ? Le Real Madrid. Mais plus sérieusement, j’ai de bonnes offres. Maintenant, il ne faut pas se précipiter. Et je vais prendre tout mon temps."

"Il y a un an ou deux, j’ai eu l’opportunité de partir de l’OM, mais le président et l’entraîneur m’avaient alors persuadé de rester. Aujourd’hui, avec les moyens du PSG et de Monaco, ça va être difficile de rivaliser, donc j’ai pris la décision de privilégier le sportif. Pour l’OM, désormais, c’est plus difficile d’aller glaner des trophées. Il y a de très bons joueurs à Marseille, mais je pense que pour être au très haut niveau, il faut plus d’expérience. Et pour ça, il faut des moyens financiers."

Sur sa fin de saison à l’OM

"[Pour accrocher la troisième place], on doit gagner [face à Bastia] et compter sur mon frère Jordan et sur Lorient, qui affronte Monaco. Je l’ai déjà appelé, bien sûr... Mais plus sérieusement, je pense que Jo n’a pas besoin de ça. […]"

"[Au sujet de la méthode Bielsa], c’est vrai que c’est différent (rires). Il est différent de tous les entraîneurs que j’ai connus. Chacun a sa méthode, mais lui a vraiment sa manière de voir les choses, une idée précise en tête. Et il va jusqu’au bout, que ça marche ou pas. Il a su convaincre son groupe pour le suivre, et c’est ce qui nous a fait du bien sur ces six premiers mois."

Sur sa carrière internationale avec le Ghana

"Face à l’Allemagne [2-2 en phase de groupes de la Coupe du monde, NDLR], on aurait préféré perdre et passer quand même au deuxième tour. Mais bon, ce sont des expériences comme celle-ci qui nous ont amenés jusqu’à la finale qu’on a disputée à la CAN-2015, quelques mois plus tard."

"Cette défaite en finale, je ne l’ai toujours pas digérée. C’est quelque chose qui m’a fait très mal. J’aurais tout donné pour gagner cette finale. Mais bon, rien n’est terminé, j’ai 25 ans et j’espère qu’il y en aura beaucoup d’autres."

"J’ai aujourd’hui un rôle beaucoup plus important que celui que j’avais auparavant au sein de l’équipe du Ghana. Les anciens m’ont donné l’espace nécessaire pour endosser ce rôle là. Quand les joueurs les plus expérimentés te tendent la perche, il faut la saisir et s’inspirer de ce qu’ils ont fait de mieux pour avancer. Ils m’ont dit : "Quand on va partir ce sera à toi de porter le pays". Et voilà, j’essaie d’apporter ce que je peux, avec d’autres cadres, comme Gyan, qui est encore là et qui apporte énormément à ce groupe depuis plusieurs années."

Sur ses blessures

"J’aime trop le foot pour ne pas jouer. J’ai beaucoup de mal à accepter de ne pas être sur le terrain. Parfois, ça m’a joué des tours, mais j’ai tout de même eu souvent le soutien de mes entraîneurs et j’ai joué. Mais c’est vrai que j’ai vécu beaucoup d’épisodes compliqués avec mon épaule et mon genou."