
Le patron du parti Horizons et maire du Havre, Édouard Philippe, le 10 mai 2026, lors d'un meeting à Reims. © Martin Bureau, AFP
Un caillou dans la chaussure sur le chemin qui mène vers l'Élysée ? Un juge d'instruction va enquêter sur Édouard Philippe pour des faits présumés de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion (malversation d'un fonctionnaire) au Havre, ville dont il est maire, a indiqué, mardi 19 mai, le Parquet national financier (PNF), sollicité par l'AFP.
Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du PNF qui avait ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.
Les faits sont contestés depuis le début par l'ancien Premier ministre et actuel maire Horizons du Havre. Contacté mardi par l'AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n'a pas souhaité faire de commentaire, mais son entourage a indiqué qu’Édouard Philippe "répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l'a toujours fait de façon très sereine".
Étaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine du Havre Seine Métropole.
Le conflit d'intérêts "semble absolument évident"
Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020, notamment par Édouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.
Créée en juillet 2020, cette association a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).
L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.
Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023.
"C'est le maire et son adjointe qui", en tant que présidente de l'association, allaient "avoir la main sur des sommes considérables" pour "des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville", soulignait-elle.
Avec AFP
