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Mossoul : l’EI démolit des statues vieilles de plus de 2 000 ans

L’organisation de l’État islamique a mis en scène, dans une vidéo diffusée jeudi, la destruction d’œuvres d’art assyrien, dans un musée de Mossoul, en Irak. Si certaines pièces sont inestimables, d'autres n'étaient que des copies.

L’organisation de l’État islamique (EI) a détruit plusieurs statues du musée de Mossoul, en Irak, comme le montre une vidéo diffusée jeudi 26 février par les jihadistes. À coups de massues, les islamistes ont mis en scène la destruction de statues et de fresques qu'ils jugent païennes. Elles proviennent des ères assyriennes et parthiennes, datant du VIIe siècle avant Jésus-Christ.

Sur la vidéo, un membre de l’EI explique, face caméra et à visage découvert, que ces œuvres vieilles de plus de 2 000 ans sont dans le collimateur des islamistes en raison de leur caractère païen, opposé à la conception d’un islam rigoriste. L’homme évoque par ailleurs la valeur marchande des objets détruits, parlant de "plusieurs millions de dollars" réduits en poussière. Un pied-de-nez adressé au Conseil de sécurité de l’ONU, qui s’est récemment doté d’une résolution pour mieux lutter contre le trafic d’œuvres d'art dérobées par l’EI.

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Toutefois, certaines des œuvres sont des copies faites de plâtre, précise le journaliste de France 24, Wassim Nasr. Selon d'autres experts, les pièces comprennent des originaux et des reconstitutions autour de fragments et des copies.

#Irak une partie de ce qui a été détruit au musée de #Mossoul était des copies en plâtre pic.twitter.com/FyOj2ltaMs

— Wassim Nasr (@SimNasr) 26 Février 2015

"Des objets sataniques qui auraient dû rester sous terre"

À la suite de la diffusion de ces images, un membre de l’EI, contacté par Wassim Nasr, a comparé ces œuvres millénaires à des objets "sataniques qui auraient dû rester sous terre". "Les archéologues n’auraient pas dû y toucher", a soutenu cette source.

Les fouilles archéologiques dans cette zone remontent au XIXe siècle. Le musée qui conserve ces œuvres païennes est situé au cœur de la province de Ninive, au nord de l'Irak, qui dispose d’un patrimoine religieux extrêmement riche.

Joint par France 24, Axel Plathe, le directeur du bureau de l’Unesco pour l’Irak, évoque lui des "œuvres inestimables". "C’est comme la Mona Lisa, ce sont des œuvres qui ne peuvent pas être vendues sur un marché", affirme-t-il. "Elles font partie du patrimoine universel qui est extrêmement important pour l’histoire de l’humanité."

"Un message fort et inacceptable"

Tout en précisant que l’Unesco n’a pas encore vérifié l’authenticité des images, Axel Plathe interprète le message envoyé par l’EI. "Ils veulent dire : ‘Nous ne respectons pas votre culture’. C’est un message fort et inacceptable", décrypte-t-il. "Il y a un risque que ce genre d’actions se répète, et nous n’avons aucun moyen d’intervenir."

Ce n’est pas la première fois que les jihadistes de l’EI prennent l’art et le patrimoine pour cible. Dimanche 22 février, ils s’étaient attaqués à la bibliothèque de Mossoul : son contenu était alors parti en fumée.