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Aux prises avec les rebelles houthis, le président du Yémen démissionne

Acculé par les rebelles chiites houthis, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa, le président Abd Rabbo Mansour Hadi a démissionné de son poste, ce jeudi, à l’instar du gouvernement.

Le pouvoir exécutif yéménite jette l’éponge, le pays, régulièrement secoué par des violences, s’enfonce un peu plus dans la crise. Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, aux prises avec les rebelles chiites houthis, a remis sa démission, jeudi 22 janvier, quelques minutes après celle du Premier ministre Khaled Bahah et de son gouvernement.

La décision du président, annoncée par l'un de ses conseillers, Sultan al-Atwani, et confirmée par d'autres conseillers présidentiels, intervient alors que les miliciens chiites ont renforcé ces derniers jours leur contrôle de la capitale Sanaa.

Dans une lettre envoyée au Parlement et dont l'AFP a obtenu copie, le chef de l'État a expliqué sa décision par le fait que l'entrée des miliciens chiites dans Sanaa, le 21 septembre dernier, avait "affecté le processus de transition politique qu'on a voulu pacifique".

"J'estime (aujourd'hui) ne pas avoir été capable d'atteindre l'objectif pour la réalisation duquel nous avions assumé nos responsabilités" à la tête de l'État, a ajouté Abd Rabbo Mansour Hadi.

Le Parlement s'oppose

Cette démission, qui a été saluée par un haut responsable houthi, a cependant été rejetée par le Parlement yéménite, qui a convoqué une réunion extraordinaire vendredi matin pour examiner la crise politique, selon un haut responsable yéménite, cité par l’AFP sous le couvert de l'anonymat.

De son côté, le Premier ministre Khaled Bahah, nommé le 7 novembre dernier, a annoncé la démission du gouvernement tout entier en expliquant, dans un message publié sur Facebook, que son cabinet ne souhaitait pas se laisser aspirer dans "un dédale politique non constructif qui ne soit pas fondé sur l'État de droit". Et d’ajouter : "(…) Nous avons décidé de nous tenir à l'écart des aventures politiques qui ne respectent aucune loi". Le porte-parole du gouvernement a qualifié cette décision d'"irrévocable".

Mercredi, Abd-Rabbou Mansour Hadi avait signé un accord de sortie de crise avec les Houthis et quitté sa résidence dans le centre de Sanaa, où il était bloqué depuis deux jours. Selon le texte de l'accord, publié par l'agence de presse officielle Saba, les miliciens houthis s’était notamment engagés à quitter le palais présidentiel qu’ils avaient pris d’assaut le 20 janvier et à libérer le directeur de cabinet du président yéménite, Ahmed Awad ben Moubarak, enlevé en fin de semaine dernière.

Avec AFP et Reuters