
Nouvelle preuve de l'instabilité qui règne au Yémen : le chef du cabinet du président a été enlevé samedi dans la capitale Sanaa. Un rapt revendiqué peu après par des miliciens chiites pour éviter "la rupture" de leur accord avec le chef de l'État.
Des hommes armés ont enlevé, samedi 17 janvier, le directeur de cabinet du président yéménite Abdrabuh Rabbo Mansour Hadi. "Un groupe armé a établi un checkpoint à Hada", un quartier du sud de Sanaa, et a "capturé [Ahmed Awad ben] Moubarak et des personnes qui l'accompagnaient", a déclaré un responsable du secrétariat du Dialogue national sur la transition politique, sans préciser leur nombre.
Les soupçons se sont très vite portés sur les miliciens chiites houthis, qui contrôlent la capitale yéménite depuis septembre. Dans un communiqué publié samedi après midi, ces derniers ont revendiqué l'enlèvement d'Ahmed Awad ben Moubarak pour éviter "la rupture" de leur accord avec le président Abd Rabbo Mansour Hadi, conclu en septembre sous l'égide de l'ONU, sans donner plus de précisions.
Le chef de la sécurité nationale, le général Mohammed al-Ahmadi, a lui indiqué que des négociations étaient en cours "pour obtenir la libération" du directeur de cabinet du président.
>> À lire sur France 24 : "L’irrémédiable ascension des Houthis, nouveaux maîtres de Sanaa"
Outre son poste de directeur de cabinet, Ahmed Awad ben Moubarak est l'un des représentants du Mouvement sudiste – qui réclame une autonomie voire l'indépendance du Sud – au sein du dialogue national sur la transition politique, engagé après la démission en février 2012 du président Ali Abdallah Saleh.
L’autorité du président remise en cause par les milices chiites
En octobre, le président Hadi avait nommé Ahmed Awad ben] Moubarak Premier ministre, mais cette candidature avait finalement été rejetée à la suite d'une forte opposition des miliciens chiites. Ces derniers avaient alors pris le contrôle de la capitale yéménite le 21 septembre et du parti de l’ancien président Saleh, le Congrès général du peuple. C'est finalement Khalid Bahah qui occupe désormais ce poste.
La montée en puissance des miliciens chiites a nui à l'autorité d’Abd Rabbo Mansour Hadi, alors qu'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) avait déjà profité de l'affaiblissement du pouvoir central en 2011, à la faveur de l'insurrection populaire contre Ali Abdallah Saleh, pour renforcer sa présence, notamment le sud et le sud-est du pays.
Avec AFP