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L’administration américaine a annoncé, vendredi, ses premières mesures de rétorsion à l’encontre de la Corée du Nord afin de répliquer au piratage informatique dont a été victime, fin novembre, le studio de cinéma Sony Pictures.

C’est avec une série de sanctions financières traditionnelles contre la Corée du Nord que Washington a finalement choisi de riposter à la cyber-attaque dévastatrice qui a visé le studio hollywoodien Sony Pictures en novembre dernier.

Accusant Pyongyang d'être derrière ce piratage informatique de grande ampleur, le président américain Barack Obama est passé à l'action, vendredi 2 janvier, en annonçant de nouvelles sanctions contre trois entités nord-coréennes, dont les services de renseignements militaires de Pyongyang, ainsi que dix personnalités ayant des liens avec les ventes d’armes.

"En réponse aux nombreuses provocations du gouvernement de la République populaire démocratique de Corée, notamment la récente cyber-attaque visant Sony Pictures Entertainment et les menaces contre les salles de cinéma, le président Obama a signé aujourd’hui un décret présidentiel autorisant la prise de sanctions contre le gouvernement nord-coréen et le Parti des travailleurs de Corée", peut-on lire dans un communiqué du département américain du Trésor.

Le département du Trésor explique ces sanctions au nom de "l’engagement continu des États-Unis à tenir la Corée du Nord responsable de ses actions déstabilisatrices, destructrices et répressives, en particulier de ses efforts visant à nuire à la cyber-sécurité des États-Unis et à intimider des entreprises et des artistes américains exerçant leur droit à la liberté d’expression".

Pyongyang, accusé par le FBI, a démenti tout lien dans la cyber-attaque contre Sony Pictures.

Pas de preuve d'implication "directe"

Des responsables de l’administration Obama ont reconnu qu’il n’était pas prouvé que les entités et les individus visés par ces nouvelles sanctions soient directement impliqués dans la cyber-attaque contre Sony Pictures, qui avait conduit dans un premier temps Sony à renoncer à diffuser le film "The Interview ("L’interview qui tue !").

Mais la Maison Blanche a souligné que le Bureau général de reconnaissance (BGR), le service du renseignement militaire rattaché au ministère de la Défense, gérait un grand nombre des cyber-attaques d’ampleur menées par le régime de Pyongyang.

"The Interview", comédie qui relate les aventures de deux journalistes recrutés par la CIA pour assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a provoqué la colère de la Corée du Nord et a été dénoncée par les "Guardians of peace" (les Gardiens de la paix), le groupe de hackers qui a revendiqué l’attaque informatique du 24 novembre contre Sony Pictures.

Outre le Bureau général de reconnaissance (BGR), deux sociétés sont visées par les sanctions imposées vendredi : la Korea Mining Development Trading Corporation (Komid) et la Korea Tangun Trading Corp, toutes deux liées au programme d’armement de la Corée du Nord. Elles ont toutes deux déjà été sanctionnées. Les dix personnes sanctionnées travaillent pour ces deux sociétés, notamment pour la Komid, et ne font pas partie de la haute direction de la Corée du Nord.

La Corée du Nord fait l’objet de sanctions de la part des États-Unis depuis les années 50. Elles sont été renforcées après les trois essais nucléaires auxquels Pyongyang a procédé depuis 2006.

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La Corée du Nord dénonce "l'hostilité" de Washington

Pyongyang a dénoncé, dimanche 4 janvier, le renforcement par les États-Unis de leur arsenal de sanctions à son encontre. Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a déclaré que le refus de Washington de lancer une enquête conjointe était le signe de sa "mauvaise conscience". "Les actions persistantes et unilatérales de la Maison Blanche et l'adoption de sanctions (...) prouvent manifestement qu'elle ne s'est pas départie de sa répugnance et de son hostilité invétérées" envers la Corée du Nord, a déclaré un porte-parole cité par l'agence officielle KCNA.

Avec Reuters et AFP