
Vingt-trois records ont été battus durant les Mondiaux de natation en petit bassin de Doha ce week-end, une première depuis les Jeux Olympiques de 2008. La France a tiré son épingle du jeu en remportant 8 médailles, dont trois en or.
A Doha, la natation a renoué avec les records : 23 sont tombés en tout, dont 14 en individuel. Ce n'était plus arrivé depuis la fin de l'ère des combinaisons en polyuréthane il y a quatre ans : au bord des bassins, l'utilisation de cette matière qui assure glisse et flottabilité avait fini par susciter des questions voire des soupçons.
La France huitième au nombre de médailles, le Brésil premier
La France, qui était venue au Qatar avec un petit contingent de 11 nageurs, a tiré son épingle du jeu avec un bon bilan de huit médailles, dont trois en or, pour se placer 8e au tableau des nations. Le Brésil termine en tête avec 10 médailles dont 7 en or, devant la Hongrie (11 médailles dont 6 en or).
Sans Manaudou, une telle moisson n'aurait pas été possible et une fois encore, le champion olympique 2012 porte seul l'équipe de France sur ses épaules. Mais les 10 autres Bleus ne sont pas passés à côté. Outre Manaudou, six Français ont amélioré leur meilleur temps, dont six sont des records de France.
Giacomo Perez Dortona a décroché sa première médaille mondiale sur 100 m brasse (bronze). Les autres sont des succès collectifs avec l'or sur le 4x100 m libre, l'argent sur 4x50 m 4 nages et le bronze sur 4x100 m 4 nages.
Les filles, une catégorie en souffrance, ont été surprenantes avec une médaille de bronze sur 4x50 m 4 nages, qui est peut-être le début d'une histoire.
Manaudou, une récolte de champion
Manaudou, qui n'avait plus connu les honneurs d'un titre d'envergure mondiale en individuel depuis son sacre olympique en 2012, a renoué avec les grandes victoires à Doha, même s'il a échoué sur 100 m libre (2e). Il quitte le Qatar avec six médailles dont deux en or en individuel.
Il a été exceptionnel en décrochant deux des titres individuels (50 m libre, 50 m dos) qu'il était venu chercher. Certes, il n'est pas devenu le premier champion du monde français sur 100 m libre, par la faute encore du Brésilien Cesar Cielo et d'une grande fatigue après avoir nagé 13 courses, ce qui est inhabituel chez un sprinteur.
S'il n'a pas réussi le triplé qu'il visait, il peut s'enorgueillir d'une récolte rare, avec deux records du monde: 20 sec 26 sur 50 m libre et 22 sec 22 sur 50 m dos, une course qu'il n'avait encore jamais nagée en compétition internationale senior. Encore en plein apprentissage, celui qui sait tout faire promet d'être encore plus fort pour les Mondiaux-2015 en août à Kazan (Russie), avant les JO-2016 de Rio.
23 records battus en une compétition
Ces championnats ont marqué un tournant important dans l'histoire de la natation en renouant avec les records du monde pléthoriques.
En 2008 et 2009, les marques mondiales tombaient à chaque compétition, du fait des combinaisons intégrales en polyuréthane, considérées comme une aide à la performance. Aux JO-2008, ce furent 25 marques mondiales et 43 aux Mondiaux-2009 grand bassin.
Le 1er janvier 2010, elles ont été interdites et tous les observateurs ont estimé à une dizaine d'années la période nécessaire pour battre de nouveaux records du monde. Les premiers records ont commencé à tomber de nouveau à partir de décembre 2010, mais de façon parcimonieuse.
Avec AFP