
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé que le virus A (H1N1) a contaminé plus de 2 000 personnes dans 24 pays et pourrait toucher un tiers de la population mondiale. Au Mexique, le dernier bilan est de 42 morts.
REUTERS - La vie reprend peu à peu son cours normal au Mexique alors que le nombre de personnes contaminées dans le monde par le virus H1N1 de la grippe A a dépassé la barre des 2.000 dans 24 pays.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a maintenu son état d'alerte au niveau 5 - signalant une pandémie imminente - sans juger nécessaire de l'élever au niveau 6 qui marque l'approche d'une pandémie mondiale.
"Nous en restons à la phase 5. Cela n'a pas changé," a dit Keiji Fukuda, directeur général adjoint de l'organisation. "Nous continuons à recenser des cas de transmission entre humains, surtout en Amérique du Nord. Mais nous n'avons pas constaté d'autres cas ailleurs."
Le passage au niveau 6 pourrait être décidé si un foyer de la maladie était signalé dans un pays hors de ceux touchés en Amérique du Nord.
Au Mexique, le gouvernement a révisé à la hausse le bilan de la maladie, qui y a fait 42 morts. Un millier d'individus ont été infectés. Mais il a estimé que le pire était passé.
Les mesures restrictives imposées depuis cinq jours ont été assouplies, notamment à Mexico où les autorités ont annoncé que les bars, restaurants, stades et cinémas vont rouvrir jeudi.
Des contrôles, notamment à l'aide de caméras thermiques, continuent d'être pratiqués afin de dépister des cas de fièvre.
Toutefois, la capitale mexicaine commence peu à peu à retrouver son activité habituelle. "Mais c'est un peu étrange car les clients sont encore peu nombreux", note un restaurateur.
Aux Etats-Unis, seul autre pays où des personnes sont mortes de la maladie, 896 cas d'infection ont été recensés par le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) dans 41 Etats. Deux décès ont été dénombrés sur le sol américain.
Au Canada, autre pays fortement touché, le nombre de personnes contaminées a été relevé de 165 à 201, mais aucun décès n'a été signalé.
DIX CAS EN FRANCE
La maladie a provoqué une tension des relations commerciales et diplomatiques, plusieurs pays dont la Chine ayant imposé une quarantaine contre les produits et les personnes en provenance du Mexique.
Le président Felipe Calderon a dénoncé "l'ignorance" de ces Etats, en particulier d'Haïti qui a refusé une cargaison d'aide alimentaire (maïs, blé, haricots) et médicale en provenance du Mexique.
Pékin a de son côté fait un geste en levant la quarantaine imposée depuis sept jours à 128 passagers arrivés à Shanghai, et dont l'un d'eux présentait des symptômes de la grippe. Les passagers avaient embarqué à Mexico le 1er mai et fait escale à Shanghai avant de se rendre à Hong Kong.
"La Chine est un pays en voie de développement doté d'une importante population avec une forte densité. Les leçons douloureuses que nous avons tirées du Sras (grippe aviaire) nous incitent à prendre les mesures nécessaires pour empêcher l'introduction de la maladie en Chine et sa propagation en Asie", a expliqué le ministre des Affaires étrangères Ma Zhaoxu.
Cette crainte d'une propagation de la grippe en Asie a été développée par Keiji Fukuda, qui a appelé les gouvernements de la région à rester vigilants.
"Il s'agit d'une maladie qui pourrait potentiellement infecter un tiers au moins de la population mondiale dans les prochains mois ou dans l'année à venir", a-t-il dit de Genève, dans une conférence téléphonique avec des responsables sanitaires asiatiques réunis à Bangkok.
Les ministres de la Santé chinois, japonais, sud-coréen et leurs homologues des 10 pays de l'Asean doivent se réunir dans la capitale thaïlandaise vendredi pour coordonner leurs efforts.
En Europe, la Suède et la Pologne ont recensé leur premier cas de contamination mercredi.
En France, le nombre de cas avérés de grippe A est passé à 10, après la mise au jour de trois nouveaux cas, mais il n'y a toujours pas de forme grave. Le pays compte cinq cas probables, deux en Ile-de-France, deux en Alsace et un dans le Limousin.
Tous les cas confirmés sont "importés", c'est-à-dire que les personnes frappées ont contracté la maladie à l'étranger. Il n'y a donc pas à ce stade de foyer d'infection propre à la France.