
Les États-Unis ont confirmé dimanche l'assassinat de l'otage américain Peter Kassig. L'organisation de l'État islamique avait revendiqué la mort du jeune travailleur humanitaire dans une vidéo diffusée sur Internet.
La maison Blanche a confirmé dimanche 16 novembre la mort de l’otage américain Peter Kassig. Les jihadistes de l’organisation de l'État islamique (EI) avaient revendiqué son assassinat dans une vidéo diffusée sur Internet. Le président américain, Barack Obama, a qualifié cet acte de "mal absolu".
"Aujourd'hui, nous présentons nos prières et nos condoléances aux parents et à la famille d'Abdul-Rahman Kassig, aussi connu sous le nom de Peter", a indiqué le président dans un communiqué.
Vocation humanitaire
Peter Kassig était apparu le 3 octobre à la fin de la vidéo montrant la décapitation de l’humanitaire britannique, Alan Henning. On le voyait silencieux, vêtu d’une combinaison orange et agenouillé dans le désert syrien, pendant que le bourreau avertissait Barack Obama que l’EI continuerait de " t rancher le cou de [ses] compatriotes" .
Originaire de l’Indiana, Peter Kassig était un ancien ranger de l’armée américaine. Brièvement déployé en Irak en 2007, il a ensuite étudié les sciences politiques et la médecine. En 2012, il a créé sa propre ONG, Special Emergency Response and Assistance (Sera) pour venir en aide aux réfugiés du conflit syrien. "Il se décrivait lui-même comme un idéaliste", précise Selim El Meddeb, correspondant de France 24 à Beyrouth.
Installé au Liban puis en Turquie, Peter Kassig s’est rendu plusieurs fois en Syrie pour y apporter vivres, vêtements et médicaments, avant d’être enlevé à l’automne 2013 sur la route de Deir el-Zor, dans l’est du pays. Après son apparition sur la vidéo de l’EI début octobre, ses parents, qui avaient jusqu’alors gardé le silence sur sa disparition, ont à leur tour posté une vidéo sur YouTube pour "implorer" les ravisseurs de "faire preuve de compassion".
Converti à l'islam durant sa captivité
Ed et Paula Kassig ont ensuite révélé une lettre où leur fils leur confiait avoir "peur de mourir". "Si je meurs, je pense que nous, vous et moi, pourrons trouver du réconfort en pensant que je suis parti [en Syrie] pour tenter d'alléger les souffrances et aider ceux qui sont dans le besoin", avait-il écrit dans ce courrier datant du mois de juin.
Il y évoquait également sa conversion à l’islam durant sa captivité. Selon ses parents, cette conversion s'est faite volontairement, alors que le jeune homme partageait sa cellule avec un Syrien musulman.
Peter Kassig avait pris le nom d'Abdul-Rahman et respectait les pratiques de l’islam. "En accord avec ma foi, je prie tous les jours et, dans ce sens, je ne suis pas en colère au sujet de ma situation. Je suis dans une situation compliquée ici sur le plan dogmatique, mais je suis en paix avec mes convictions", a assuré Peter Kassig dans sa lettre, qui s'achève sur un simple : "Je vous aime".
Avec AFP et Reuters