
Le président kényan Uhuru Kenyatta a comparu mercredi devant la CPI, où l'un de ses avocats a demandé l'abandon des poursuites à son encontre pour crimes contre l'humanité commis lors des violences post-électorales au Kenya en 2007-2008.
Le président kényan Uhuru Kenyatta est devenu, mercredi 8 octobre, le premier chef d'État à comparaître en cours de mandat devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye.
Sa défense a demandé l'abandon des poursuites dont il fait l’objet pour crimes contre l'humanité. Tandis que l'accusation reconnaît ne pas avoir assez de preuves pour un procès contre Uhuru Kenyatta, soutenant que le Kenya ne coopère pas à l'enquête et que des témoins se sont rétractés après avoir été intimidés.
"Cette affaire a échoué, elle a échoué à un point tel qu'il n'y a plus la moindre possibilité d'aller de l'avant", a déclaré l'avocat du président kényan, lors de l’audience à La Haye.
Le vice-président kényan est lui aussi accusé
Le président est poursuivi pour son rôle présumé dans les violences post-électorales qui ont déchiré le Kenya fin 2007 et début 2008, faisant plus de 1 000 morts et plus de 600 000 déplacés.
Uhuru Kenyatta avait déjà comparu une première fois devant la CPI, mais c’était avant son élection de mars 2013. Pour pouvoir participer à cette nouvelle audience, il a dû déléguer ses pouvoirs à son vice-président William Ruto, qui fait lui l’objet d'un procès pour crimes contre l'humanité devant la CPI depuis septembre 2013.
À l’origine, le procès de Uhuru Kenyatta devait débuter à la même période. Mais il a été reporté à de nombreuses reprises le temps que l’accusation puisse accumuler les preuves.
L’accusation pense que le Kenya dissimule les preuves
La procureure Fatou Bensouda accuse Nairobi de refuser de lui transmettre des relevés bancaires ou téléphoniques qui pourraient prouver, selon elle, la culpabilité du président kenyan. Aussi, l'accusation a demandé mardi à la CPI de sanctionner les autorités kenyanes.
Du côté de la défense, l'avocat de Kenyatta, Steven Kay, soutient au contraire avoir fourni les documents requis. "Il y a une explication simple, mais l'accusation l'ignore : les preuves qui ont été fournies contredisent les allégations qu'elle a formulées", a-t-il expliqué.
Ben Gumpert, représentant du bureau du procureur, a reconnu pour sa part avoir reçu certains documents, dont des relevés téléphoniques, mais pas assez. "L'accusation ne peut pas croire que M. Kenyatta n'ait utilisé qu'un seul numéro à l'époque", a-t-il déclaré.
Quant à l'Union africaine, l’organisation a demandé le retrait des charges contre Kenyatta, accusant la CPI de ne poursuivre que des Africains.
L'audience "de mise en état" de mercredi avait pour objet d’examiner la requête de report formulé par l'accusation, ainsi que la demande d'abandon des poursuites voulue par la défense. les juges devraient prendre une décision sur la suite à donner au procès d'ici la fin de l'année.
Avec AFP