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Le gouvernement a présenté, mercredi, le projet de budget 2015. Il est marqué par une faible baisse des dépenses publiques ainsi qu'un léger recul de la pression fiscale. L'objectif reste de passer le déficit sous la barre des 3 % du PIB en 2017.

C'était un exercice très attendu, aussi bien à Paris qu'à Bruxelles. Le gouvernement français a présenté, mercredi 1 octobre, son projet de loi de finances 2015. Il se veut en phase avec les déclarations du président François Hollande qui avait souligné, lors de sa récente conférence de presse, que "ce serait une faute de réduire à marche forcée nos déficits dans ce contexte de faible croissance et de faible inflation".

Traduction chiffrée : l'État prévoit, en 2015, de réaliser 21 milliards d'euros d'économies. Cet objectif peut paraître ambitieux mais ne correspond, en fait, qu'à une légère diminution de la dépense publique. Elle sera de 56,1 % du PIB en 2015, d'après le projet de loi de finances, contre 56,5 % en 2014 et 56,4 % en 2013.

Les caisses de l'État ne devraient pas non plus se remplir grâce à une hausse de l'impôt. En fait, la pression fiscale globale est appelée à baisser légèrement en 2015. Les prélèvements obligatoires devraient s'élever à 44,6 % du PIB l'an prochain contre 44,7 % cette année et 46 % en 2013.

Direction Bruxelles

"On finance des priorités, on réduit la dépense publique, on n'est donc pas dans ce qu'on appelle une politique d'austérité, on est dans une politique de sérieux budgétaire", a expliqué Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement lors du compte rendu du conseil des ministres.

C'est l'État qui va connaître les coupes les plus franches puisqu'il doit économiser 7,7 milliards d'euros en 2015 contre 3,7 milliards d'euros pour les collectivités locales.

Ce projet de budget a été dénoncé par le député UMP de Paris François Fillon qui évoque un "renoncement à l'objectif de réduction des déficits". Le texte risque de faire grincer quelques dents à Bruxelles. Il entérine, en effet, un retour des déficits sous la barre des 3 % du PIB en 2017. Paris confirme donc qu'il n'honorera pas ses engagements précédents d'atteindre cet objectif dès 2015.

Le gouvernement va maintenant devoir négocier avec la Commission européenne le report de l'échéance pour revenir dans les clous budgétaires du traité de Maastricht. La position de l'Allemagne sur cette question risque de peser lourd. Pour l'instant, Berlin a refusé de prendre position publiquement. "Je ne dirai rien du point de vue allemand sur le contenu. Il appartient à la Commission européenne de vérifier et d'évaluer cela", a déclaré Steffen Seibert, le porte-parole d'Angela Merkel.