Faces aux critiques de David Cameron sur la vente de Mistral à la Russie, Laurent Fabius a appelé mardi la Grande-Bretagne à faire profil bas. Selon un rapport, Londres continue en effet d'exporter des armes vers Moscou.
Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a répliqué aux attaques de la Grande-Bretagne contre le contrat liant la France à la Russie pour la livraison de navires Mistral. Mardi soir sur TF1, il a invité le Premier ministre britannique David Cameron à "balayer devant sa porte". "Les Anglais, en particulier, ont été extrêmement aimables, entre guillemets, en disant : 'Jamais nous n'aurions fait cela'", a-t-il commenté. Je leur ai dit (...) : 'Chers amis britanniques, parlons aussi de la finance. J'ai cru comprendre qu'il y avait pas mal d'oligarques russes à Londres....'".
Ce contrat de 1,2 milliard d'euros, a rappelé Laurent Fabius, a été signé en 2011, pendant le mandat de Nicolas Sarkozy. "Il y a une règle qui vaut en matière internationale comme en matière nationale : les contrats signés et d'ailleurs payés doivent être honorés", a-t-il justifié, précisant qu'il avait rappelé aux Britanniques que ce principe "existait pour tout le monde".
"Pour le deuxième bateau [un bâtiment de projection et de commandement (BPC), NDLR], qui n'est pas encore totalement construit, l'année prochaine, cela dépendra de l'attitude des Russes", dans le dossier ukrainien, a ajouté Laurent Fabius.
Le Premier ministre britannique avait critiqué, lundi 22 juillet, l'opportunité du contrat français au regard de la situation en Ukraine, assurant devant la Chambre des communes qu'une telle transaction serait "impensable" en Grande-Bretagne. "Nous devons mettre la pression sur tous nos partenaires pour dire que nous ne pouvons pas continuer à faire des affaires comme si de rien n'était avec un pays, quand il se comporte comme ça", avait-il ajouté.
Répondant indirectement aux critiques venant d’outre-Manche, François Hollande avait confirmé, lundi, la décision de la France de livrer en octobre un premier porte-hélicoptères Mistral à la Russie malgré la crise ukrainienne et les critiques émanant notamment de Washington.
Le Royaume-Uni continue de vendre des armes à Moscou
Après s’être attiré la cinglante réplique française, David Cameron devra également faire face à un rapport parlementaire britannique publié mercredi 23 juillet, qui affirme que le Royaume-Uni continue de vendre des armes et de l'équipement militaire à Moscou.
Selon le texte, 251 licences délivrées par le gouvernement britannique autorisant la vente à la Russie de fusils de précision, de munitions pour armes légères, de gilets pare-balles, d'"équipement cryptographique", de communication militaire et de vision nocturne pour une valeur globale d'environ 132 millions de livres (167 millions d'euros), sont toujours en vigueur.
Après le crash de l'avion de la Malaysia Airlines probablement dû à un tir de missile des séparatistes pro-russes en Ukraine, les Occidentaux pointent du doigt la responsabilité de Moscou. Le Premier ministre britannique a ainsi demandé à l'Union européenne d'adopter des sanctions économiques d'envergure contre la Russie et à cesser toute vente d'armes à ce pays, pointant du doigt celles de la France.
Avec AFP et Reuters