logo

À l'issue du Conseil qui s'est tenu à Bruxelles mercredi, les dirigeants européens n'ont pas réussi à s'accorder sur les noms des prochains président du Conseil européen et chef de la diplomatie. Leur choix devra être arrêté fin août.

L'équation à résoudre est particulièrement complexe. Après l'élection, mardi, du chrétien-démocrate Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, l'attribution des deux postes de chef de la diplomatie de l'UE et de président du Conseil répond à des équilibres droite-gauche, nord-sud/est-ouest, mais aussi hommes-femmes et  générationnels. Autant dire que la partie n'est pas gagnée d'avance.

La ministre italienne des Affaires étrangères Federica Mogherini s'est portée candidate au poste de de haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, mais la Pologne et les États baltes l'ont jugée inexpérimentée et trop clémente à l'égard de la Russie dans la crise ukrainienne.

"Je soutiendrai une personnalité ayant l'expérience des affaires étrangères, une personne neutre qui reflète au moins l'ensemble des opinions des États membres en ce qui concerne le conflit entre la Russie et l'Ukraine et je ne soutiendrai pas quelqu'un qui est pro-Kremlin", a averti la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite. Ses propos ont donné lieu à une vive réaction de la part du président du Conseil italien. "La question ne porte pas sur tel ou tel poste. Il est question du respect dû à tous les États membres et, en particulier, à un membre fondateur", s'est-il indigné.

Le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski et la bulgare Kristalina Georgieva, actuelle commissaire au développement, font figure d'alternative, mais certains, en Europe occidentale, jugent que le premier est trop ferme à l'égard de Moscou et que la seconde, qui a passé 17 ans à la Banque mondiale, manque d'expérience dans la diplomatie.

Moscovici commissaire aux Affaires économiques et financières ? 

La Première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, 47 ans, semblait la mieux à même de briguer la présidence du Conseil européen, mais son pays n'appartient pas à la zone euro, ce qui a suscité les réserves de la France. François Hollande pourrait toutefois ne pas s'opposer à sa nomination, à condition que Pierre Moscovici obtienne le poste de commissaire aux Affaires économiques et financières, ce que l'Allemagne ne voit pas d'un très bon oeil, dans la mesure où Paris n'a pas encore ramené son déficit sous la barre des 3 % du PIB, assurent des sources diplomatiques.

La présidence permanente de l'Eurogroupe semble en revanche promise au ministre espagnol des Finances Luis De Guindos.

Les dirigeants européens, qui étaient réunis au lendemain de l'élection de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, se retrouveront le 30 août pour achever le renouvellement de l'exécutif, selon le service de presse du Conseil.

Avec AFP et Reuters