Les dirigeants européens ont désigné Jean-Claude Juncker comme candidat à la présidence de la Commission européenne, malgré les contestations émanant notamment du Premier ministre britannique David Cameron.
Jean-Claude Juncker a toutes les chances d'être le prochain président de la Commission européenne. Les dirigeants européens viennent de le désigner, vendredi 27 juin, comme candidat à la présidence de l'institution.
Le premier ministre britannique David Cameron était pourtant farouchement opposé à cette candidature. Il avait averti le mois dernier ses partenaires qu'il ne pourrait garantir le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, si Juncker obtenait la présidence de la Commission. David Cameron est confronté dans son pays à une montée des souverainistes, auprès desquels il tente ainsi de marquer des points.
Jusqu’au dernier moment, le conservateur britannique a donc mené une campagne féroce contre l'ancien Premier ministre luxembourgeois, lui reprochant d’être le candidat soutenu par le Parlement.
"C’est inédit ici au Conseil européen", explique Caroline de Camaret , la correspondante de FRANCE 24 à Bruxelles. "D’habitude tout est agréé par consensus, y compris pour José Manuel Barroso. Or là, David Cameron s’y est opposé, ainsi que le sulfureux hongrois Victor Orban. Il y a donc eu deux votes contre et 26 votes pour. C’est une première dans l’histoire de la construction européenne", explique-t-elle.
Selon notre Caroline de Camaret, le Premier ministre britannique aurait finalement été "lâché par ses alliés". "La Suède et les Pays-Bas se sont rangés derrière Angela Merckel" a-t-elle précisé.
Un mode de désignation contesté
En cause, le nouveau mécanisme de désignation du président de la Commission, en vigueur depuis le traité de Lisbonne en 2007. Tous les chefs d'État et de gouvernement de l’UE se retrouvent à Bruxelles pour se mettre d'accord sur une proposition de nom, et ce choix sera ensuite ratifié par le Parlement européen. C'est la première fois que ce mécanisme institutionnel de choix est testé.
À 59 ans, Jean-Claude Juncker, candidat du Parti populaire européen (PEE), est un vétéran des institutions communautaires. Il a participé à l'élaboration du traité de Maastricht, en 1992, puis est devenu plus tard le premier président de l'Eurogroupe, entre 2005 et 2013. L'ancien Premier ministre luxembourgeois est l'un des dirigeants a avoir assisté au plus grand nombre de sommets européens.
L’annonce de sa désignation a été confirmée sur Twitter par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Sa nomination à la présidence de la Commission européenne doit encore être approuvée par les députés européens réunis le 16 juillet. Il sera ensuite chargé de former son collège de commissaires, pour pouvoir prendre ses fonctions à partir du 1er novembre, succédant ainsi à José Manuel Barroso.
Avec Reuters