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La justice américaine demande à l'Argentine de rembourser deux fonds spéculatifs, dans un litige lié à la faillite partielle du pays en 2001. Buenos Aires pourrait se retrouver en défaut de paiement.
Le ministre de l'Économie argentin a affirmé, mercredi 18 juin, qu’il serait impossible au pays d’honorer la prochaine échéance de sa dette restructurée. Or, si ce paiement n'est pas effectué avant le 30 juin, l'Argentine sera en défaut de paiement.
Cette déclaration fait suite à une décision de la Cour suprême américaine, qui a rendu exécutoire, mercredi, la condamnation du pays sud-américain à rembourser au moins 1,3 milliard de dollars à deux fonds spéculatifs. Ces derniers avaient refusé les modalités de la restructuration de la dette argentine, après la faillite partielle du pays en 2001.
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Depuis, Buenos Aires rembourse progressivement sa dette envers 93 % des créanciers privés, qui ont consenti en 2005 et 2010 une remise d'environ 70 %. Mais les deux fonds spéculatifs qui constituent les 7 % restant ont refusé cet accord et saisi la justice pour réclamer 100 % de la valeur nominale de bons qu'ils avaient achetés à bas prix.
Le juge américain Thomas Griesa leur a donné raison, ce qui contraint désormais Buenos Aires à rembourser ces deux créanciers réfractaires. Une impasse pour le gouvernement de Cristina Kirchner. En effet, les remboursements de l'Argentine aux créanciers ayant accepté la renégociation transitent par New York, et pour acquitter la prochaine échéance, Buenos Aires sera contraint dans le même temps d'appliquer la sentence et rembourser les deux fonds spéculatifs.
Des négociations pour sauver le pays du défaut de paiement
L’État argentin s’y refuse car s'il procède à ce paiement, les autres fonds spéculatifs réfractaires pourraient exiger un traitement identique et ce sont 15 milliards de dollars supplémentaires qu’aurait à régler l'Argentine, alors que sa banque centrale ne dispose que de 28,5 milliards de réserves en dollars.
Pour sauver le pays du défaut de paiement, des responsables argentins ont annoncé leur intention d’entamer des négociations avec les fonds réfractaires dès la semaine prochaine. "L'Argentine réitère sa volonté de payer ses créanciers restructurés, vu qu'elle a toujours offert de [les] rembourser sous les mêmes conditions en conformité avec la loi du pays", a fait savoir le ministère de l'Économie dans un communiqué émis mercredi 18 juin.
L’Argentine devra faire vite, car elle a jusqu’au 30 juin pour honorer les paiements exigés par la justice américaine. Les déclarations du ministre de l'Économie tranchent avec l'optimisme affichée par la présidente Kirchner, lundi, lors d'une allocution télévisée. Elle avait alors déclaré : "L’Argentine ne va pas se déclarer en défaut de paiement. [... ] Nous avons démontré notre volonté de négocier." Insuffisant pour rassurer les marchés et agences de notation, conscients que le non remboursement d'une échéance due équivaut effectivement à un défaut de paiement.
Avec AFP et Reuters