
À peine libéré, l’ancien otage Nicolas Hénin a répondu samedi soir aux questions de FRANCE 24. Le journaliste a affirmé avoir été dirigé par ses ravisseurs vers une position de l’armée turque lors de sa libération. Témoignage.
"Nous avons traversé la frontière à tête découverte et les mains dans les poches", a affirmé samedi 19 avril au soir le journaliste Nicolas Hénin sur l’antenne de FRANCE 24. Il dément ainsi ce qui avait été préalablement écrit sur les conditions de libération des quatre otages en Syrie. L'agence de presse turque Dogan avait en effet raconté que les quatre prisonniers avaient été retrouvés ligotés, les yeux bandés, près de la frontière turco-syrienne.
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— Fatma Kizilboga (@FatmaKizilboga) 19 Avril 2014"Je suis heureux de vous expliquer que tout est complètement faux. Nous avons été dirigés par nos ravisseurs vers une position de l’armée turque, qui nous a pris en charge", explique-t-il. Cette libération était une surprise, confie encore l’ancien détenu. "D’habitude, on n’était pas très bien nourris. Et là [le soir de la libération], les gardiens sont venus nous voir, ils nous ont apporté un repas au-dessus de l’ordinaire. Ils nous ont demandé si on en voulait plus. Ce qui n’arrivait jamais ! Là, on s’est dit : 'Il se passe quelque chose…'"
"Beaucoup de moments de solitude intérieure"
Nicolas Hénin, grand reporter pour "Le Point", est revenu pendant une dizaine de minutes sur les conditions de sa détention. "C’était assez compliqué. En tout, je suis passé par une dizaine de lieux de captivité, de prisons pour ainsi dire. La plupart du temps, j’étais avec d’autres personnes, avec notamment Pierre Torrès [...] Ce fut une longue errance de lieux de détention en lieux de détention [...] Nous avons parfois fait des trajets sur plusieurs jours [...] J'ai passé dix mois difficiles avec des moments de peur, des moments de stress, beaucoup de moments de solitude intérieure", a-t-il raconté avant de faire le point sur l'identité de ses geôliers. "C’est un groupe qui se revendiquait d’un mouvement djihadiste".
Le journaliste a également expliqué qu’il s’était enfui trois jours après avoir été capturé. "Ce fut le principal risque que j'ai pris. J’ai passé une nuit en liberté avant de me faire rattraper par mes ravisseurs".
L’ancien otage a répété être aujourd'hui "rempli d’une immense joie", tout en étant épuisé. "Je suis vraiment fatigué mais aussi très ému, très touché". Il a pu parler à sa famille qui lui a appris "par bribes" l’histoire de sa captivité "vue de l’autre côté". "J’ai pris connaissance de toute la mobilisation qu’il y avait eu pour nous quatre", a-t-il enfin confié, visiblement ému.