Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate UMP à la mairie de Paris, a tenu son dernier meeting, jeudi soir, dans le 14e arrondissement de la capitale. Dans le gymnase Rosa Parks, l'ambiance était plutôt timide.
On sent la fin de campagne et l’éreintement des militants. Pour le dernier meeting de Nathalie Kosciusko-Morizet, dans le gymnase Rosa Parks du 14e arrondissement, l’ambiance n’était pas franchement au rendez-vous, jeudi 20 mars. Et les troupes pas vraiment galvanisées.
Il est vrai que cette dernière réunion, plus intimiste, visait à "remercier" les habitants du 14e arrondissement de la capitale où la députée UMP de l’Essonne est candidate. On est loin de l’ambiance de son grand meeting au Cirque d’hiver qui a rassemblé, la veille, quelque 2 000 partisans. À Rosa Parks, ils étaient environ 300 à s'être déplacés pour apporter leur soutien à leur protégée. La moyenne d’âge avoisinait la soixantaine, et seule une poignée de militants - les plus jeunes - arboraient le tee-shirt de campagne de la candidate.
Qu’importe ! À trois jours du premier tour, Nathalie Kosciusko-Morizet semblait prendre plaisir à être là, dans cet arrondissement où elle réside avec sa famille. Soucieuse de rappeler à ses ouailles que le 14e fait partie intégrante de son ADN, la rivale de Carine Petit - la candidate PS du 14e - s’est laissée aller à raconter quelques détails de sa vie privée, évoquant tour à tour le souvenir de sa grand-mère qui l’amenait se balader boulevard Montparnasse ou encore celui de son fils aîné qui a vu le jour à l’Institut Montsouris.
"Elle n'est pas effacée, elle est simplement fatiguée"
La candidate, impeccable dans son tailleur noir et sur ses talons hauts, en a évidemment profité pour tacler une nouvelle fois le Parti socialiste et surtout dresser un bilan au vitriol de l’équipe municipale aux commandes depuis 2009 dans le 14e. "Je pense que le maire sortant [Pascal Cherki, NDLR] ne laissera pas un souvenir impérissable…", a-t-elle déclaré dans un sourire ironique. "Il ne s’est pas beaucoup occupé d’environnement, mais pour le recyclage de ses promesses, il est vachement bon !", a-t-elle ajouté devant une salle qui n’applaudit que timidement la saillie.
À l’extérieur du gymnase, une dizaine de militants sortis pour fumer ou prendre l’air rappellent que tous les meetings de NKM furent "éblouissants". Pour Janine, la soixantaine, qui vit dans le quartier depuis 30 ans, "Nathalie est formidable ! [...] Non, elle n'est pas effacée, elle est simplement fatiguée. Je vais voter pour elle. Elle est dynamique et sincère. Et puis, ce quartier, ça se dégrade, la gauche ne s’en est pas bien occupée", confie-t-elle avant d'enfiler son manteau et d'ajuster son écharpe rouge sur ses épaules. "Ne croyez pas que je m’ennuie. Je ne veux pas rentrer tard, c’est tout. Je suis pas une trouillarde, mais aujourd’hui, il y a plus d’insécurité qu’avant."
À ses côtés, Chantal, sans étiquette politique. Cette habitante du quartier, âgée d’une quarantaine d’années, est passablement énervée. "NKM ne dit pas des choses vraies, s’agace-t-elle devant deux de ses amies. On ne peut pas tout mettre sur le dos de la gauche. Elle parle de la fermeture de Saint-Vincent de Paul. Mais ça n’a pas fermé à cause de la mairie du 14e ! C’est une décision ministérielle ! Et pourquoi parle-t-elle sans cesse de la gare Montparnasse ? Ça ne se trouve même pas dans cet arrondissement !". Chantal, qui avait assisté au meeting d’Anne Hidalgo, la veille, au même endroit, votera pour la candidate socialiste. "Mon choix est fait, clairement", ajoute-t-elle devant Ismène, étonnée par ce choix.
"Moi, je vis aussi ici depuis longtemps. J’ai vu mon quartier perdre tous ses commerces petit à petit. Je suis navrée que cette dame ne s’en rende pas compte", explique cette retraitée. "NKM, je la trouve brillante et charmante aussi. C’est vrai qu’elle semblait un peu fatiguée. Elle n’a pas la même tonicité que les premiers meetings. Mais bon, elle finit sa campagne, la fatigue se fait sentir", la défend-t-elle. "J'espère surtout que je ne lui porterai pas malheur", glisse-t-elle devant quelques regards étonnés. "Ismène... Antigone... Pourvu que son avenir soit meilleur !", conclut-t-elle, hilare.