
Les deux adolescents toulousains de 15 et 16 ans, soupçonnés d'avoir voulu se rendre en Syrie pour mener le djihad, ont été mis en examen vendredi par une juge d'instruction, pour association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste.
Les deux lycéens toulousains de 15 et 16 ans soupçonnés d'avoir voulu mener le djihad en Syrie ont été présentés vendredi 31 janvier à une juge antiterroriste et mis en examen, une mesure rarissime pour des mineurs.
Les deux adolescents font l’objet d’une information judiciaire pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
En fugue depuis le 6 janvier, les deux apprentis djihadistes scolarisés au lycée des Arènes à Toulouse ont été interpellés en Turquie il y a quelques jours. Ils ont ensuite été rapatriés séparément dans la ville rose, mercredi, avant d’être transférés à Paris dans les locaux de la Direction générale de la sécurité extérieure (DCRI) pour y être interrogés. Le but pour les enquêteurs est d'en savoir plus sur leurs motivations, d’une part, et les appuis éventuels dont ils ont bénéficié, d’autre part, pour financer leur voyage.
Pour l'heure, rien ne semble indiquer que ces adolescents aient été recrutés en France par une filière. Ils seraient plutôt partis par leurs propres moyens. Internet et les réseaux sociaux paraissent avoir grandement contribué à la formation de leur projet.
"Le voyage en Syrie n'est pas interdit par la loi"
Le parquet a requis leur placement sous contrôle judiciaire. Yassine Bouzrou, l'avocat de l'un des deux mineurs, a demandé, pour sa part, la remise en liberté de son client. "Le voyage en Syrie n'est pas interdit par la loi", a-t-il paidé sur BFM TV. "Il est inadmissible de le maintenir dans les locaux du palais de justice dans la mesure où il n'a rien fait de répréhensible." Les deux adolescents n'ont aucune mention sur leur casier judiciaire. Le plus âgé est toutefois cité dans une enquête pour des violences dans son lycée, selon une source proche du dossier.
Manuel Valls a annoncé, jeudi, qu'il présenterait des mesures, notamment la mise en place d'un service d'alerte pour les familles, afin de faire face au phénomène des départs de jeunes Français vers la Syrie pour y combattre les forces de Bachar al-Assad. Des propositions élaborées en collaboration avec les services de renseignement seront présentées prochainement à François Hollande.
Selon le ministre de l’Intérieur, 2 000 à 3 000 Européens seraient concernés par le problème des filières djihadistes. "Autour de 600 à 700 Français ou résidents en France, dont 250 sont aujourd'hui sans doute en Syrie et 21 sont déjà morts sur place", a-t-il déclaré.
Avec Reuters et AFP