
Près de 20 ans après l'apartheid, les townships ont gardé les stigmates de la ségrégation. Si la pauvreté est omniprésente, certains habitants connaissent des réussites fulgurantes. Un paradoxe qui témoigne d'une lente évolution.
Ils sont nombreux à emprunter chaque jour le train qui relie Soweto à Johannesburg avec l'espoir de connaître la même réussite que certains d'entre eux, issus du ghetto et parvenus à des réussites fulgurantes.
Stephen Nales, par exemple, est propriétaire d'une concession automobile. Chiffre d'affaires : 15 millions d'euros par an. Nombre de salariés : 90. Tous sont noirs. C'est le résultat de la politique du "Black Economic Empowerment", une loi destinée à promouvoir une meilleure représentation de la majorité noire dans les différents secteurs du pays.
Et cette politique semble payer. En l'espace de 15 ans, une classe moyenne noire a vu le jour. L'exemple de Stephen Nales en témoigne.
Le week-end, il emmène son fils dans le quartier de son enfance. Ici, sa réussite ne choque pas. Au contraire, on s'identifie facilement à ceux qui s'en sont sortis.
Lentement, Soweto change. A l'image des petites entreprises qui fleurissent de part et d'autre ou de certains hôtels de luxe qui se sont implantés en plein cœur des townships.
Mais la réalité du ghetto reste difficile. Nombreux sont les habitants de Soweto qui n'ont ni électricité ni eau courante. Crime, prostitution, sida font encore partie du quotidien, malgré les efforts des pouvoirs publics. Depuis 1994, près de trois millions de maisons ont été construites par l'Etat et offertes à des familles sélectionnées sur des critères sociaux.
Dans un contexte encore difficile, les associations d'habitants restent mobilisées afin d'offrir aux habitants des quartiers de meilleures conditions de vie. Elles témoignent du profond espoir de changer la société sud-africaine.
Ce même espoir qui semble porter les changements, lents, difficiles, mais perceptibles, depuis la fin de l'apartheid, il y a maintenant 20 ans.