
Le président moldave Vladimir Voronine demande aux autorités judiciaires de ne pas poursuivre les personnes arrêtées pour leur implication dans les émeutes qui ont suivi les élections législatives.
AFP - Le président moldave Vladimir Voronine a appelé mercredi à une amnistie pour les participants aux émeutes post-électorales du 7 avril et à l'arrêt de toutes les poursuites judiciaires, des mesures qui ne concerneront pas les criminels récidivistes.
"Les représentants du crime organisé et les récidivistes qui ont usé de la situation politique resteront dans les lieux de privation de liberté", a déclaré M. Voronine dans discours prévu mercredi à 18H30 GMT mais dont des extraits ont été diffusés dans la soirée par l'agence officielle Omega.
"En ce qui concerne les autres participants aux évènements du 7 avril, je demande aux organes compétents de décréter une amnistie générale et demande la cessation de toute forme de poursuites contre les participants aux actions de protestation dans les rues", a-t-il ajouté.
Il a justifié sa décision par un souci de pacification de la situation politique en Moldavie, un pays considéré comme le plus pauvre d'Europe.
"Les autorités sont avant tout soucieuses d'assurer l'unité de la société, de soigner les blessures politiques qui ont divisé l'opinion publique et créé une situation de guerre froide entre les camps politiques", a encore déclaré M. Voronine, selon ces extraits.
Une manifestation le 7 avril contre la victoire du Parti communiste de M. Voronine aux élections législatives a dégénéré en émeutes et en saccage de la présidence et du Parlement de cette ex-république soviétique coincée entre la Roumanie et l'Ukraine. Une personne avait été tuée, des dizaines blessées et plus de 300 arrêtées au cours de ces émeutes.
L'opposition avait dénoncé, suite à ces évènements, une vague de répression et d'arrestations arbitraires visant surtout les étudiants et lycéens moldaves, qui constituaient l'essentiel des manifestants.
Un nouveau comptage des résultats des législatives était en cours mercredi. L'opposition réclame pour sa part surtout une vérification des listes électorales qui contiendraient, selon elle, un grand nombre d'électeurs fantômes.
Selon les résultats officiels le parti communiste avait obtenu près de 50% des voix lors de ce scrutin et les trois partis d'opposition ensemble près de 36% des voix.