
Les Maliens ont voté dimanche pour départager Soumaïla Cissé et Ibrahim Boubacar Keïta au second tour de la présidentielle. La participation a été moindre qu'au premier tour. Les résultats officiels sont attendus en milieu de semaine.
Les bureaux de vote ont fermé, l'attente des résultats a commencé. Les Maliens ont voté dimanche 11 août pour élire leur président au second tour d'un scrutin pour lequel l'ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta part favori face à son rival Soumaïla Cissé.
Le vainqueur supervisera une enveloppe de trois milliards d'euros d'aide internationale pour reconstruire un pays affaibli par la crise et plusieurs mois de guerre contre les islamistes. Il devra aussi lutter contre la corruption et conclure la paix avec les rebelles touareg.
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Dans le quartier de Badalabougou, à Bamako, des dizaines d'électeurs avaient défié la pluie torrentielle pour se presser dès l'ouverture des bureaux de vote, à 8 heures GMT, devant l'école Mamadou Guindo, transformée en centre électoral.
Participation en baisse
L'affluence dans les bureaux a été moins importante qu'au premier tour, qui s'était également déroulé dans le calme. Certains chefs de bureaux de vote à Bamako ont affirmé que la participation n'atteignait pas la moitié de celle atteinte au premier tour, lors duquel le taux d'affluence avait été exceptionnel pour le Mali avec 48,98 %.
Mais les fortes pluies du matin ne sont pas la seule explication, selon certains électeurs. "Ce n'est pas à cause de la pluie seulement", estime ainsi l'un d'eux, Ibrahim Tounkara, restaurateur. Selon lui, "les Maliens ont compris que le jeu est déjà fait et qu'IBK va gagner, que ce n'est plus la peine de sortir sous la pluie pour voter, mais ça peut être préjudiciable à la qualité de l'élection".
Un réseau de quelque 2 000 observateurs maliens indépendants s'est réjoui dans un communiqué du bon déroulement du scrutin, notant cependant que moins de bureaux avaient pu ouvrir à temps en raison des fortes pluies dans les régions de Bamako, Koulikoro et Kayes (sud).
Les réfugiés aussi ont voté
Au total, 21 000 bureaux de vote devaient accueillir quelque sept millions d'électeurs, la plupart se trouvant dans le sud du pays, où vivent 90 % des 16 millions de Maliens et d'où est originaire Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK. Des cartes d'électeur et du matériel de vote ont également été distribués dans les camps de Maliens réfugiés dans les pays voisins, en Mauritanie, au Burkina Faso et au Niger. Ensemble, ces trois pays accueillent 170 000 réfugiés.
Candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM), l'ancien Premier ministre a obtenu près de 40 % des suffrages au premier tour, le 28 juillet, sur la promesse de restaurer l'ordre et de rétablir l'honneur d'un pays qui a pu s'enorgueillir dans le passé d'être un îlot de stabilité dans une région instable. "Quel que soit le verdict des urnes, le Mali a déjà gagné, a-t-il déclaré à la presse après avoir voté à Bamako. Nous nous sommes rassemblés pour construire un nouveau Mali et lui donner un nouveau destin."
Validation de la Cour constitutionnelle
Le rival d'IBK, Soumaïla Cissé, de l'Union pour la République et la démocratie (URD), a obtenu un peu moins de 20 % des suffrages le 28 juillet. Voulant donner l'image d'un technicien expérimenté, il promet une réforme du système éducatif, des changements dans l'armée et la création de 500 000 emplois. "Je suis fier de notre peuple qui, en aussi peu de temps, nous a remis sur la voie de la République et de la démocratie", a-t-il déclaré.
Les résultats officiels devraient être annoncés en milieu de semaine, le temps de récupérer les données des bureaux de vote les plus reculés, et la Cour constitutionnelle a jusqu'à vendredi pour les valider.
Avec dépêches