
En visite à Washington, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a confirmé jeudi son intention de se rendre dans la bande de Gaza le mois prochain, malgré les réticences des États-Unis qui l'appellent à repousser cette visite.
Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche avec le président américain Barack Obama, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé jeudi 16 mai qu'il souhaitait se rendre dans la bande de Gaza et en Cisjordanie en juin. La visite du Premier ministre turc dans les Territoires palestiniens presque trois ans après l'assaut meurtrier contre un bâtiment turc au large de Gaza par un commando israélien risque fort de provoquer des tensions dans la région.
Déjà tendues depuis l'opération israélienne meurtrière "Plomb durci" dans la bande de Gaza (décembre 2008/janvier 2009), les relations entre la Turquie et Israël se sont brutalement dégradées le 31 mai 2010 lors de l'assaut israélien contre une flottille tentant de briser le blocus israélien du territoire palestinien gouverné par le Hamas. Neuf Turcs y ont trouvé la mort.
Ce n'est pas la première fois que Recep Tayip Erdogan fait part de ce projet qui a, dans le passé, déjà suscité l'hostilité du président palestinien Mahmoud Abbas, dont le parti - le Fatah - est le rival du Hamas. Cette éventuelle venue avait également provoqué l'embarras des États-Unis, qui ont fait de la réconciliation turco-israélienne un de leur atout pour tenter de relancer le processus de paix moribond au Proche-Orient. Le secrétaire d'État John Kerry avait, en avril, appelé le président turc à "retarder" ce déplacement en attendant "des conditions plus favorables".
"J'attache beaucoup d'importance à cette visite"
Recep Tayip Erdogan paraît pourtant décidé. "J'attache beaucoup d'importance à cette visite en terme de paix au Proche-Orient. J'espère que cette visite contribuera à l'unité en Palestine", a-t-il ajouté. Dans le passé, le président turc, dont le parti est issu de la mouvance islamiste, avait affirmé qu'il s'efforcerait lors de sa visite à Gaza d'obtenir la levée de l'embargo israélien sur ce territoire.
Le président américain Barack Obama, qui s'est rendu fin mars en Israël et dans les Territoires palestiniens, avait obtenu du Premier ministre de l'Etat hébreu, Benjamin Netanyahou, qu'il présente ses excuses à Recep Tayyip Erdogan pour la mort des neuf Turcs à bord de la flottille, ouvrant la voie à une normalisation des relations.
Début mai, Israël avait affirmé qu'un accord sur l'indemnisation des victimes turques pourrait être conclu "dans un proche avenir" à la suite des progrès enregistrés lors d'une réunion entre des responsables des deux pays. De premières discussions s'étaient tenues le 22 avril à Ankara sur ces indemnisations dont la Turquie a fait une condition sine qua non à la normalisation de ses relations diplomatiques avec Israël.
FRANCE 24 avec dépêches