Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a menacé de "répercussions extrêmement dangereuses" en cas de destruction par les rebelles syriens du mausolée chiite de Sayeda Zeinab, situé à l'est de Damas.
Dans un discours télévisé prononcé le 30 avril, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a mis en garde "les groupes salafistes armés" contre toute tentative de détruire dans la banlieue de Damas le mausolée de Sayeda Zeinab, petite-fille du prophète Mahomet et fille du premier imam chiite Ali ben Abi Taleb. Située à moins de dix kilomètres à l’est de la capitale syrienne, ce haut lieu de pèlerinage pour les chiites de la région (notamment en provenance d’Iran, d’Irak et du Liban) est composé d’édifices cultuels, d’écoles religieuses et de complexes touristiques.
"Répercussions extrêmement dangereuses"
"Il y a actuellement des combattants [de l’opposition syrienne, NDLR] qui se trouvent à quelques centaines de mètres du mausolée", a précisé le chef du parti chiite libanais, fidèle allié du président syrien Bachar al-Assad. "C’est un lieu de culte extrêmement important dans son symbolisme, or des groupes armés ont menacé de le démolir dès qu’ils auront mis la main sur la localité", a affirmé Hassan Nasrallah qui a averti qu’un tel acte aurait des "répercussions extrêmement dangereuses".
Interrogé par la chaîne libanaise LBCI, un dignitaire religieux chiite, Hussein al-Khechen, explique l’importance que revêt ce site religieux pour les musulmans chiites. "Ces lieux saints ont une valeur symbolique et religieuse exceptionnelle dans l’esprit des croyants, par conséquent y porter atteinte reviendrait à porter atteinte aux croyances de l’ensemble des croyants", explique-t-il.
Hassan Nasrallah a affirmé prendre très au sérieux les menaces de ceux qu'il nomme les "takfiris", en référence aux extrémistes islamistes qui considèrent tout musulman qui n’adhère pas à leurs préceptes comme mécréant. Le chiisme, branche minoritaire de l’islam à laquelle appartient la communauté alaouite du président syrien, est perçu par la majorité sunnite comme une hérésie. "
On a déjà vu leurs actes en Libye, au Mali, en Égypte, en Somalie, où avant même de répondre aux besoins des populations, ils commencent par détruire les tombeaux et les mausolées des pieux et vertueux", a-t-il dit.
Menaces contre menaces
"Afin d’éviter la discorde, les États qui financent les groupuscules salafistes sont invités à les dissuader de s’en prendre à ce haut lieu symbolique", a-t-il lancé, faisant implicitement allusion à l’Arabie saoudite et au Qatar, soutiens affichés des rebelles.
"Il faut que des moudjahidine [combattants musulmans] honnêtes se dressent pour empêcher la chute du village et du mausolée de Sayeda Zeinab.
Il y a donc des personnes qui défendent cette zone et tombent en martyrs pour ce lieu saint", a-t-il affirmé, suggérant implicitement qu’il pourrait s’agir de membres du Hezbollah. Et d’affirmer que la présence de tels combattants permet justement d’empêcher qu’une discorde éclate, et non pas le contraire. "Nous les chiites nous n’accusons pas les sunnites qui protégeaient ces mausolées depuis des centaines d’années, nos problèmes sont avec les groupes takifiris".
Mercredi, l'opposition syrienne a dénoncé les "menaces" de Hassan Nasrallah. "Les Syriens et les Libanais espéraient (...) que le commandement du Hezbollah cesserait ses attaques à Homs et Damas et qu'il se rendrait compte de la gravité de la situation dans la région", indique un communiqué de la Coalition de l'opposition. "Mais (ils) n'ont entendu que des menaces (...) et des mises en garde contre l'embrasement de la région et un aveu d'ingérence dans les affaires syriennes", poursuit le texte.