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Michel Desjoyeaux : "Jules Verne n'a qu'à bien se tenir !"

, envoyé spécial aux Sables d'Olonne – L’unique double vainqueur du Vendée Globe, Michel Desjoyeaux, s’est confié à FRANCE 24 sur la 7e édition de "l’Éverest des mers". Selon lui, le vainqueur du Vendée Globe 2012-2013 a de grandes chances de finir son tour du monde en moins de 80 jours.

Le Français Michel Desjoyeaux n’est pas surnommé "Le Professeur" pour rien. Avec plus de 25 victoires à son actif, dont un doublé dans le Vendée Globe (2000-2001 et 2008-2009), le skipper de Port-la-Forêt possède l’un des plus beaux palmarès de la voile française.

Vainqueur de la dernière édition de "l’Éverest des mers" en 84 jours, 3 heures et 9 minutes (record de l’épreuve), Desjoyeaux n’a pas souhaité prendre le départ de cette 7e édition, privilégiant les courses en multicoques sur le tout nouveau circuit MOD70.

Pour autant, l’unique double vainqueur de la course mythique autour du monde en solitaire et sans escale garde un œil éclairé sur cette 7e édition qu’il décrypte pour FRANCE 24. Entretien.

FRANCE 24 : Ressentez-vous un pincement au cœur de ne pas participer à ce Vendée Globe ?

Michel Desjoyeaux : Non, pas du tout. Si j’avais voulu être là cette année comme concurrent, j’aurais essayé. Si je suis là en spectateur, c’est un choix. Cela me permet d’être détendu et ça me va très bien.

Dans une course comme celle là, "l’Éverest des mers", est-ce que l’expérience fait la différence par rapport à la jeunesse des concurrents qui effectuent leur premier Vendée Globe ?

M.D. : Si vous regardez dans l’histoire du Vendée Globe, il y a six vainqueurs dont trois qui ont gagné lors de leur première participation : Titouan Lamazou en 1990 lors de la première édition, moi-même en 2001 et enfin Vincent Riou en 2005.

Ce n’est pas du tout incompatible d’être un bizut et de gagner un Vendée Globe. Maintenant, c’est certain que l’expérience aide même si, quelque part, la fougue de la jeunesse, le plaisir de la découverte peuvent aussi devenir une force. Un soupçon d’inconscience, notamment dans les mers du sud, n’est pas forcément nuisible.

Ces mers du sud que l’on dit redoutables, dangereuses, est-ce vraiment un endroit à part ?

M.D. : C’est un endroit à part car la main de l’homme y met rarement les pieds (sic) ! Il n’y a quasiment que les concurrents du Vendée Globe qui y vont avec des bateaux à voile.

C’est hostile, rien n’arrête les vagues de l’océan. J’ai tendance à dire que c’est fascinant mais qu’il ne faut pas être grisé. Il faut être prudent, tout en étant capable d’aller vite. Il faut accepter d’aller suffisamment rapidement pour éviter de se faire rattraper et malmener par les vagues. Et ce n’est pas toujours facile à admettre et à comprendre.

L e Vendée Globe, est-ce l’homme contre la nature ?

M.D. : L’homme contre la nature sûrement pas, parce que l’homme est sûr de perdre. L’homme avec la nature bien évidemment ; avec lui-même surtout. Si l’homme est en bagarre contre lui-même, il ne va pas s’en sortir et cela va être terrible.

Quels sont vos favoris ?

M. D. : J’ai donné quatre noms dans le désordre : Vincent Riou (PRB), Armel Le Cléac’h (Banque populaire), François Gabart (Macif), Jérémie Beyou (Maître CoQ). Cela ne veut pas dire que j’ai bon, mais il faut se jeter à l’eau. Je crois qu’il y aussi de redoutables outsiders comme Jean-Pierre Dick (Vibarc-Paprec 3), Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) et Mike Golding (Gamesa). On ne sait pas encore qui va sortir du chapeau. Le résultat, on l’aura dans trois mois.

Justement, en combien de temps pensez-vous que le vainqueur va gagner ce Vendée Globe ?

M. D : Je pense que Jules Verne n’a qu’à bien se tenir ! Mais, l’essentiel, c’est d’arriver avant le deuxième !