logo

Fumée noire et odeur de brûlé : des dépôts pétroliers en feu plongent Téhéran dans l'obscurité
Au neuvième jour de la guerre, les habitants de Téhéran se sont réveillés dimanche sous une chape de fumée noire se dégageant de plusieurs dépôts pétroliers en feu après avoir été visés par des frappes israélo-américaines. Ces scènes donnent à la ville des airs apocalyptiques, avec une odeur de brûlé prégnante dans certains quartiers.

Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

Accepter Gérer mes choix

Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.

Réessayer
Des véhicules roulent en direction d'un épais mur de fumée à Téhéran, cible de frappes aériennes israélo-américaines, le 8 mars 2026. © AFP
03:31

Une scène apocalyptique : les habitants de Téhéran se sont réveillés dimanche 8 mars avec l'impression d'être encore en pleine nuit, une épaisse fumée noire qui se dégage de plusieurs dépôts pétroliers attaqués plongeant la capitale iranienne dans l'obscurité.

"J'ai cru que mon réveil avait un problème", déclare sous couvert d'anonymat un chauffeur d'une cinquantaine d'années, au diapason des réactions des Téhéranais, déboussolés par un noir ambiant inhabituel et par le besoin d'allumer la lumière en plein jour.

À 10 h 30 (7 h GMT), des véhicules étaient toujours obligés de rouler avec les phares allumés sur l'avenue Valiasr, longue de 17 kilomètres et qui traverse la capitale iranienne du nord au sud.

Un temps pluvieux avec d'épais nuages gris ajoute encore plus de confusion à la raison de cette obscurité inhabituelle. Dans le ciel, ces nuages s'entremêlent aux épaisses fumées noires de dépôts pétroliers toujours en feu. Elles s'étendent et recouvrent Téhéran, capitale grande comme 2,5 fois Paris, sur des dizaines de kilomètres.

"Des irritations des voies respiratoires et des yeux"

Ces scènes donnent à la ville des airs apocalyptiques, avec une odeur de brûlé prégnante dans certains quartiers, au neuvième jour de guerre déclenchée par une attaque d'Israël et des États-Unis contre l'Iran. C'est la première fois depuis le début du conflit qui embrase le Moyen-Orient que des infrastructures pétrolières en Iran sont ciblées.

Quatre dépôts de pétrole et un site logistique de produits pétroliers à Téhéran et ses environs ont été visés par des frappes, qui ont fait au moins six morts et une vingtaine de blessés, selon les autorités. Sur l'un des dépôts de carburant touchés à Téhéran, le pétrole se consume toujours.

Fumée noire et odeur de brûlé : des dépôts pétroliers en feu plongent Téhéran dans l'obscurité
Bombardement contre la raffinerie de pétrole de Shahran à Téhéran, le 7 mars 2026. © Atta Kenare, AFP

L'AFP a vu des flammes reprendre de plus belles et crépiter plus de 12 heures après les frappes israéliennes.

En juin 2025, lors de la guerre des 12 jours, Israël avait déjà attaqué des dépôts de carburant à Téhéran.

Aux abords du dépôt, des forces de sécurité avec des masques de protection respiratoire sur le visage et en imperméable, pour se protéger des retombées toxiques, filtrent la circulation.

Les autorités ont averti que les dégagements toxiques pouvaient "provoquer des irritations des voies respiratoires et des yeux" et ont appelé les habitants à rester à l'intérieur. Selon le Croissant-Rouge iranien, "d'importantes quantités d'hydrocarbures toxiques, de soufre et d'oxydes d'azote" ont été libérés dans l'air.

Fumée noire et odeur de brûlé : des dépôts pétroliers en feu plongent Téhéran dans l'obscurité
Des véhicules roulent sur une autoroute le long de laquelle s'élève un épais nuage de fumée à Téhéran, cible de frappes aériennes israélo-américaines, le 8 mars 2026. © AFP

Distribution d'essence limitée à 20 litres

Les vitres des immeubles résidentiels aux alentours ont été totalement soufflées par des explosions.

À des dizaines de kilomètres de là, des habitants nettoient au balai leurs balcons et devantures de fenêtres, couvertes d'un mélange de pluie et d'épaisses flaques d'essence.

Le gouverneur de la province de Téhéran, Mohammad Sadegh Motamedian, cité par l'agence Irna, a annoncé dans la matinée que la distribution d'essence était "temporairement interrompue" mais appelé la population à ne "pas s'inquiéter".

Fumée noire et odeur de brûlé : des dépôts pétroliers en feu plongent Téhéran dans l'obscurité
Des véhicules roulent sur une autoroute à proximité d'un épais nuage de fumée à Téhéran, cible de frappes aériennes israélo-américaines, le 8 mars 2026. © AFP

La distribution est désormais limitée à 20 litres par véhicule.

Dimanche, de longues files d'attente s'étendent le long des stations-service de Téhéran.

L'AFP a compté une quarantaine de véhicules devant l'une d'elles, au jour de la reprise du travail après une semaine fériée décrétée après la mort du guide suprême, Ali Khamenei, tué dès le début de la guerre.

Avec AFP