
L'association Students for a Free Tibet, qui a déjà mené plusieurs actions spectaculaires contre la politique de Pékin au Tibet, se prépare à frapper à nouveau, à l’occasion du 50e anniversaire du soulèvement de Lhassa, le 10 mars.
Le 6 mars, la jeune directrice exécutive de Students for a Free Tibet (SFT), Lhadon Tethong, a quitté le siège de la SFT, à New York, pour une destination mystérieuse en Asie, d’où elle lancera une nouvelle initiative militante. Cette destination, explique-t-on au siège français de l’association, est tenue secrète pour éviter que l’opération ne soit déjouée par la Chine.
SFT, fondée en 1994 par des étudiants américains et des activistes tibétains, s’est fait connaître par des coups d’éclat comme l’accrochage, un an avant les Jeux olympiques (JO) de Pékin, d’une gigantesque banderole sur la Grande muraille de Chine. On pouvait y lire, en anglais et en mandarin : "Un monde, un rêve, libérons le Tibet en 2008".
Quelques semaines avant les JO, Lhadon Tethong était expulsée de Chine, pour avoir tenu un blog critique sur les droits de l’Homme en Chine. Pendant ce temps, en France, les membres du groupe manifestaient devant les locaux des sponsors des Jeux, comme Air China, Adidas, Omega.
Joint à Paris, le président de la section française de l’association, Alexis Guilpart, assure ignorer presque tout de l’opération montée par Lhadon Tethong en Asie. "On s’envoie des e-mails cryptés pour éviter les fuites au niveau des branches nationales."
SFT a longtemps fonctionné avec un budget de 150 000 dollars versés par des donateurs. Aujourd’hui, elle l'a triplé, grâce à des dons récoltés sur Internet. Elle est aujourd’hui animée par 6 000 bénévoles américains et son réseau s’étend à plus de 35 pays, réunissant quelque 50 000 sympathisants.
À l'inverse des États-Unis où l’association bénéficie du soutien de personnalités comme Richard Gere, "nous n’avons pas, en France, ce genre d’engouement, précise le président de l’association. Le plus gros don que nous avons eu s'élève à 100 euros. Nous avons trois sources de financement essentielles : les cotisations des membres, les dons, et la vente de tee-shirts et d’autocollants".
La section française de SFT organise, le 10 mars, avec la communauté tibétaine, une manifestation à Paris, dont le circuit s'achève non loin de l’ambassade de Chine. En effet, l’accord passé avec l’association et la préfecture concernant le trajet du cortège ne permettra pas aux manifestants de stationner devant l’ambassade. Il devra s’arrêter à une centaine de mètres de là, au début de l’avenue Georges V, du côté de la place de l’Alma. "Difficile d’envisager des actions spectaculaires comme l’escalade du toit de l’ambassade", déplore le président de l’association. Une autre manifestation aura lieu à Marseille, le 14 mars.