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La délégation parlementaire au renseignement a entendu ce mercredi les témoignages des chefs du renseignement français qui ont mené les opérations dans l'affaire Merah. Le secret-défense couvre ces auditions.
REUTERS - Les chefs des services de renseignement français ont été entendus mercredi sur leur action dans l'affaire Merah par la délégation parlementaire au renseignement, sur fond de polémique entre la majorité et les socialistes.
Son président, le député UMP Guy Tessier, a déclaré qu'aucune faille dans le suivi du tueur n'avait été décelée lors de cette audition, mais il s'est vu aussitôt reprocher d'avoir violé le secret-défense couvrant les travaux.
"Les déclarations qui ont pu être faites à la suite de cette réunion n'engagent que leur auteur", déclarent les sénateurs PS Didier Boulaud, Jean-Louis Carrère et Jean-Pierre Sueur dans un communiqué. "Pour notre part nous respecterons strictement le secret-défense, conformément à la loi", ajoutent-ils.
"Par cette déclaration, Guy Tessier viole le secret-défense qui recouvre les travaux de sa délégation", renchérit François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat.
"Il porte une appréciation personnelle sur l'action des services sans aucun élément pour l'étayer", ajoute-t-il dans un communiqué.
La délégation, créée en 2007 et composée de huit parlementaires - quatre députés et quatre sénateurs - a entendu mercredi matin Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Erard Corbin de Mangoux, directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) et Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement.
A l'issue de leur audition, Guy Tessier a assuré que les réponses apportées par les responsables du renseignement aux parlementaires les avaient pleinement satisfaits et qu'il n'y avait "aucune ombre au tableau" dans le suivi de l'auteur des meurtres de Toulouse et Montauban.
Pas de conférence de presse
Le député UMP avait auparavant annoncé qu'il tiendrait une conférence de presse mais à l'ouverture de la réunion, et avant même de commencer les auditions, les membres de la délégation ont décidé à l'unanimité d'annuler cet événement et de publier à la place un communiqué.
Ce texte se contente de souligner que l'affaire Merah "donne aujourd'hui lieu à un débat sur le rôle et l'organisation de nos services de renseignement".
La réunion avait été décidée dès le lendemain de l'assaut donné par la police contre Mohamed Merah, qui a donné lieu à une polémique sur l'efficacité des services de renseignement.
Le tueur de Toulouse et Montauban, qui a dit agir au nom d'Al Qaïda, avait été interrogé au retour d'un voyage au Pakistan et en Afghanistan mais les autorités affirment que rien
ne laissait présager un passage à l'acte.
Le Sénat avait décidé de faire entendre les responsables du renseignement par sa commission pour le contrôle de l'application des lois présidée par le socialiste David
Assouline.
Mais les ministres de l'Intérieur et de la Défense, Claude Guéant et Gérard Longuet, ont refusé la tenue de ces auditions, au grand dam de l'opposition.
Les deux ministres avaient annoncé dans un communiqué qu'ils avaient décidé de "donner une suite favorable" à ces auditions mais par la délégation parlementaire au renseignement.