
Réunis au siège de la Ligue arabe au Caire, les chefs des Affaires étrangères russe (photo) et arabes se sont mis d'accord sur la nécessité de mettre un terme aux violences en Syrie mais refusent toute intervention étrangère.
Au moment où Kofi Annan, missionné par l’ONU et la Ligue arabe pour tenter de trouver une issue au conflit syrien, s’entretenait samedi 10 mars avec Bachar al-Assad à Damas, les ministres des Affaires étrangères des pays de la Ligue arabe et de la Russie se réunissaient au siège de l'organisation panarabe, au Caire.
A l’issue de cette rencontre, la Russie et la Ligue arabe se sont mis d’accord sur un plan en cinq points présenté lors d’une conférence de presse. Les ministres appellent à "la fin de la violence d’où qu’elle vienne" et s’opposent à une intervention étrangère en Syrie à laquelle ils préfèrent la mise en place d’un "mécanisme de supervision impartial". Ils demandent également que l’aide humanitaire puisse être distribuée sans entraves. Enfin, ils ont apporté leur soutien à Kofi Annan. Ce plan s’inspire d’une résolution adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU le 16 février et des décisions de la Ligue arabe sur la Syrie, ont-ils précisé.
Le Qatar dénonce un "génocide"
Au cours des débats qui ont précédé l’adoption du plan, le Qatar a dénoncé un "génocide" et jugé insuffisant l’éventuelle mise en place d’un cessez-le-feu. Le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Hamad ben Jassem al Thani, s’est montré particulièrement virulent au cours de la réunion : "Le temps est venu d'appliquer la proposition d'envoyer des forces arabes et internationales en Syrie", a-t-il déclaré, appelant "à la reconnaissance du Conseil national syrien comme représentant légitime du peuple syrien". Il a par ailleurs conseillé à l’opposition syrienne "de surmonter ses divisions et se fonder en une voix unique qui exprime les aspirations de son peuple face à la tyrannie du régime".
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères saoudien, Seoud al-Fayçal, a estimé que les pays qui ont voté contre la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU "ont fourni au régime syrien le droit de prolonger ses pratiques brutales contre le peuple syrien". Il a dit espérer que la Russie "soutiendrait les décisions du Conseil de la Ligue arabe relative au règlement de la situation en Syrie". Ce comité appelle notamment à une mise à l'écart de Bachar al-Assad, allié de Moscou.
Le Premier ministre russe Sergueï Lavrov a quant à lui insisté sur le fait que son pays ne "protégeait aucun régime". "Nous protégeons le droit international", a-t-il dit.
Vendredi 9 mars, le chef de la diplomatie russe avait rencontré Kofi Annan au Caire. Il avait alors insisté, lors de cet entretien, "sur le fait qu’il est inadmissible de bafouer les normes du droit international, y compris via une ingérence grossière dans les affaires intérieures de la Syrie." Alliés de Damas depuis la période soviétique, les Russes ont mis leur véto contre deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression du régime de Bachar al-Assad, qui a fait près de 8 500 morts depuis le début du conflit en mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).