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Municipales 2026 : à gauche, la poussée de LFI complique la question des alliances
Alors que La France insoumise a fait une percée au premier tour des municipales, dimanche, et se retrouve en position de jouer les arbitres au second tour, la question des alliances à gauche se complique davantage. Le PS, Place publique et les Verts n'ont pas la même approche face au parti de Jean-Luc Mélenchon.
À Marseille, le maire sortant de gauche, Benoît Payan, et le candidat du Rassemblement national Franck Allisio sont au coude-à-coude. © Manon Cruz, Reuters

La percée de La France insoumise au premier tour des municipales complique davantage les alliances de second tour à gauche, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon réclamant des fusions au nom d'un "front antifasciste", alors que le PS ne croit pas LFI "en capacité de barrer la route à l'extrême droite".   

Fort notamment de la victoire des Insoumis à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon s'est félicité dimanche 15 mars d'une "percée historique" de son mouvement, en position de remporter d'autres villes ou de jouer les arbitres au second tour.

Le mouvement de gauche radicale, jusqu'alors peu implanté au niveau local, est notamment arrivé en tête à Roubaix, où le député David Guiraud, parti seul, a frôlé la victoire dès le premier tour.

À Limoges, le député insoumis Damien Maudet est aussi en tête à gauche, et à Lille, le maire sortant Arnaud Deslandes (PS) est donné dans un mouchoir de poche avec sa concurrente LFI Lahouaria Addouche.

À Toulouse, le candidat LFI François Piquemal arrive en deuxième position, derrière le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc, mais devant le socialiste François Briançon.  

"Le PS n'a jamais admis notre existence. Pour eux tout cela est un malentendu, une erreur de l'Histoire. Mais c'est inacceptable de nous demander de nous en aller. Il faut qu'ils le comprennent. Il faut qu'ils se mettent parfois à trois ou quatre partis pour nous battre", a insisté Jean-Luc Mélenchon devant la presse.

"Le PS a souvent besoin de nous"

Alors que le Parti socialiste avait promis qu'il n'y aurait pas d'accord national avec LFI aux municipales et qu'une partie de ses membres refusent farouchement tout rapprochement, plusieurs candidats socialistes se retrouvent dépendants des Insoumis pour l'emporter dimanche prochain.  

Ainsi à Nantes, la maire sortante Johanna Rolland, qui mène une liste d'union de la gauche hors-LFI, est arrivée en tête, mais talonnée par le candidat de la droite et du centre Foulques Chombart de Lauwe (LR). Une alliance avec le candidat insoumis William Aucant, en position de se maintenir, pourrait sauver sa tête.

À Marseille, le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national Franck Allisio sont aussi au coude-à-coude, avec une possible quadrangulaire avec Sébastien Delogu (LFI) et Martine Vassal (LR).

"Le PS a souvent besoin de nous", a résumé le député Paul Vannier, responsable des élections au sein de LFI. De quoi corser les tractations qui doivent aboutir avant mardi 18 h. 

Déjà, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a "tendu la main" aux autres listes de gauche pour constituer "un front antifasciste" "partout où la droite et l'extrême droite menacent", plaidant une nouvelle fois pour des fusions programmatiques ou "techniques".

Le PS, qui résiste notamment à Paris, où Emmanuel Grégoire est largement en tête, appelait lui au désistement des listes de gauche arrivées en seconde position. Mais pour Manuel Bompard c'est le meilleur moyen "d'offrir le chemin de la victoire à la droite et l'extrême droite".

Les Écologistes pas sur la même longueur d'onde que Place publique

Pour le patron du PS Olivier Faure, LFI n'est "pas en capacité d'emmener la gauche vers la victoire" face à l'extrême droite. Il a demandé "aux socialistes de rassembler dans la clarté et de veiller au respect de nos principes et de nos valeurs". "La France insoumise veut faire de la mousse avec peu de savon", a jugé le secrétaire général du PS Pierre Jouvet.

Le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, farouchement opposé à la formation de Jean-Luc Mélenchon, a lui réaffirmé qu'il n'y aurait pas de candidat de son parti au second tour sur des listes de gauche où figurerait LFI.

Mais du côté des Écologistes, Marine Tondelier n'est pas sur la même longueur d'onde. La patronne des Verts a dénoncé ceux qui depuis Paris, "vont dicter une consigne qui risque de faire que les villes de gauche basculent à droite et que les villes de droite ne basculent pas à gauche".

À Lyon, le maire écologiste sortant Grégory Doucet est au coude-à-coude avec l'ancien patron de l'Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, et pourrait bénéficier des voix de l'insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi. 

Marine Tondelier a notamment appelé à une union du PS et de LFI à Limoges et Toulouse, jugeant que "l'intégralité des candidats de La France insoumise en France ne sont pas Jean-Luc Mélenchon". Elle a cependant botté en touche pour savoir si son parti, en position d'arbitre à Lille, choisira entre le PS et LFI, car "la ville restera à gauche".

Mais, "à Strasbourg, les Écolos auront besoin de nous" pour l'emporter face à la socialiste Catherine Trautmann, a noté Manuel Bompard devant la presse. Et le bras droit de Jean-Luc Mélenchon d'ajouter : "Il faudra une contrepartie. À Lille par exemple".

Avec AFP