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L'Iran appelle à la retenue, alors que les frappes et les tensions pétrolières s'intensifient
Sous les bombardements d'Israël et des États-Unis depuis deux semaines, l'Iran appelle la communauté internationale à éviter toute escalade. Alors que les frappes se poursuivent et que le détroit d'Ormuz est presque paralysé, les tensions militaires et les craintes économiques s'étendent dans toute la région.
Des Iraniens dégagent les décombres de maisons détruites par des frappes israélo-américaines, le 15 mars 2026, à Téhéran. © Atta Kenare, AFP

Sous les bombes d'Israël et des États-Unis depuis deux semaines, l'Iran a exhorté, dimanche 15 mars, les autres nations du monde à s'abstenir de "toute action" pouvant étendre la guerre, le jour même où une base italo-américaine a été visée.

L'armée israélienne a prévenu dimanche soir avoir encore "des milliers de cibles" à frapper en Iran. "Le régime est affaibli et nous allons l'affaiblir encore plus", a assuré le porte-parole de l'armée, Effie Defrin, devant la presse.

La guerre embrase la région et fait flamber les cours du pétrole. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole, est quasi totalement bloqué par Téhéran.

Cette paralysie est une "souffrance passagère", a assuré le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, estimant que la guerre s'achèverait "dans les prochaines semaines".

"Éventail d'options"

Au cours d'un appel avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé à la retenue.

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Une pelleteuse déblaie les gravats d'un immeuble détruit à Téhéran, le 15 mars 2026. © Atta Kenare, AFP

Les autres pays doivent "s'abstenir de toute action pouvant mener à une escalade et à une extension du conflit", a-t-il souligné, selon son ministère.

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Un portrait de l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien tué dans les premières frappes américano-israéliennes, accroché dans les décombres d'un immeuble visé par une frappe israélienne, le 15 mars 2026, dans la banlieue sud de Beyrouth. © AFP

Aucun État n'a pour l'heure annoncé se joindre à Washington, qui veut envoyer la marine pour escorter des pétroliers.

Londres discute avec ses alliés "d'un éventail d'options" afin de sécuriser le transport maritime, mais juge que l'heure est surtout à une "désescalade".

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Un secouriste sur les lieux d'une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 15 mars 2026. © AFP

À travers la région, la guerre a fait plus de 2 000 morts, en majorité en Iran et au Liban, selon des données des autorités locales.

"Aucune raison"

Israël avait attaqué l'Iran en juin 2025, menant à une guerre de 12 jours à laquelle s'étaient joints les États-Unis. Des négociations sur le nucléaire iranien, au cœur du différend, étaient à l'époque en cours entre Washington et Téhéran.

"Nous ne voyons aucune raison de négocier avec les Américains", a commenté Abbas Araghchi auprès de la chaîne américaine CBS dimanche. Plus tôt, le président américain Donald Trump avait assuré que Téhéran voulait un accord, mais que lui n'était pas prêt à le conclure, ses termes n'étant "pas encore assez bons".

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Un homme et son chien au milieu des décombres après une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 15 mars 2026. © AFP

En représailles aux frappes israélo-américaines lancées le 28 février, Téhéran continue à viser le Golfe, qui abrite des intérêts économiques et militaires des États-Unis.

Une base italo-américaine a ainsi été visée par une attaque de drone au Koweït, d'après l'armée italienne. "Nous ne sommes en guerre avec personne", a insisté le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani.

Abbas Araghchi a justifié ces attaques par "les nombreuses preuves" – des images satellites et des "opérations de surveillance électronique" –, qui montrent que les bases américaines sont utilisées pour cibler son pays.

D'après lui, des missiles ont été tirés depuis les Émirats arabes unis pour attaquer l'île de Kharg, qui abrite le principal hub d'exportation d'or noir de l'Iran.

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Image satellite de l'île de Kharg, le principal terminal pétrolier de l'Iran, le 2 mars 2026. © ESA, AFP

Washington a dit y avoir frappé des cibles militaires et Donald Trump a menacé de s'en prendre aux sites pétroliers.

En réponse, Téhéran a promis de "réduire en cendres" les infrastructures pétrolières liées aux États-Unis dans la région, mais aussi des entreprises américaines.

Cinq personnes ont en outre été blessées dimanche dans des tirs de roquettes ayant visé l'aéroport international de Bagdad, qui abrite aussi un centre diplomatique américain au sein d'un vaste complexe militaire, ont annoncé les services de sécurité irakiens.

Achats militaires d'"urgence"

Conséquence des hostilités : le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, a augmenté de plus d'un tiers depuis le début de la guerre.

Pour amortir la flambée, du pétrole issu des réserves stratégiques (400 millions de barils) devrait être débloqué immédiatement en Asie et en Océanie et dès fin mars en Amérique et en Europe par les pays de l'Agence internationale de l'énergie, a précisé l'organisation.

Il s'agira du plus important déblocage de stocks stratégiques de l'histoire de l'institution, créée il y a plus de 50 ans.

Économiquement, l'opération militaire est un gouffre pour Washington. La première semaine de guerre lui a coûté plus de 11 milliards de dollars, d'après la presse américaine.

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Les forces de sécurité et secouristes israéliens inspectent un immeuble frappé à Bnei Brak, près de Tel-Aviv, le 15 mars 2026. © Jack Guez, AFP

Côté israélien, le gouvernement a approuvé une enveloppe de 827 millions de dollars pour des achats militaires d'"urgence", selon la presse locale.

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Une unité d'artillerie israélienne déployée en Haute Galilée fait feu près de la frontière avec le Liban, dans le nord d'Israël, le 15 mars 2026. © Odd Andersen, AFP

Les deux pays assurent avoir fortement affaibli la République islamique dans leur opération visant à détruire ses programmes balistique et nucléaire, voire faire tomber le pouvoir.

Mais Téhéran continue de viser le sol israélien et a déclaré dimanche avoir ciblé une importante unité de police et un centre de communications par satellite.

Huit personnes ont été légèrement blessées dimanche dans le centre d'Israël après des tirs de missiles iraniens, selon les secours, lors d'une journée marquée par des alertes à répétition.

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Un homme au téléphone devant des habitations détruites, le 15 mars 2026 à Téhéran. © Atta Kenare, AFP

En Iran, des habitants déblaient les décombres au milieu d'immeubles dévastés à Téhéran. Dans la capitale iranienne, la vie reprend doucement son cours : des cafés et restaurants, encore fermés ces derniers jours, ont rouvert, selon des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP).

À Tonekabon, ville septentrionale sur la mer Caspienne, les commerces sont très fréquentés et seule la place principale est fermée, a rapporté à l'AFP Ali, un habitant de 49 ans.

Avec AFP