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La Russie appelle les étrangers et diplomates à quitter Kiev avant de nouveaux bombardements
Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé lundi les ressortissants étrangers et les diplomates à quitter Kiev en annonçant des frappes contre les "entreprises du complexe militaro-industriel" de l'Ukraine. Moscou a déjà procédé ces derniers jours à d'intenses bombardements sur la capitale ukrainienne qui ont fait plusieurs morts, tirant même un missile de dernière génération de type Orechnik.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'exprime lors d'une conférence de presse à Moscou, le 21 avril 2026. © Maxim Shipenkov, AP

La menace plane au-dessus de Kiev. La diplomatie russe a appelé, lundi 25 mai, les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements de l'armée russe, Kiev appelant à "ne pas céder au chantage russe".

Cette annonce intervient après des frappes russes particulièrement massives ayant visé l'Ukraine ce week-end, notamment la capitale, faisant au moins quatre morts et une centaine de blessés. La Russie a tiré un missile de dernière génération, l'Orechnik, pour la troisième fois depuis le début du conflit.

De nouvelles "frappes seront menées sur des centres de décision" et des "entreprises du complexe militaro-industriel" à Kiev, a mis en garde le ministère russe des Affaires étrangères, dans un communiqué, sans donner de délai précis avant ces attaques.

La Russie appelle les étrangers et diplomates à quitter Kiev avant de nouveaux bombardements
De nouvelles "frappes seront menées sur des centres de décision" et des "entreprises du complexe militaro-industriel" à Kiev, a mis en garde, le 25 mai, le ministère russe des Affaires étrangères, © Capture France 24

"Nous avertissons les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des représentations d'organisations internationales, de la nécessité de quitter la ville dès que possible, et les habitants de la capitale ukrainienne de ne pas s'approcher des infrastructures militaires et administratives", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a exhorté lundi les États-Unis à évacuer leur ambassade à Kiev lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio.

"Hors de question d'évacuer" pour les diplomates français

Il "a attiré son attention" sur cette déclaration de son ministère "recommandant aux États-Unis, ainsi qu'aux autres États ayant des missions à Kiev, d'assurer l'évacuation de leur personnel diplomatique et de leurs ressortissants de la capitale ukrainienne", dit le communiqué du ministère russe.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a appelé les partenaires de Kiev à "ne pas céder au chantage russe" et à fournir davantage d'aide et d'armements à l'Ukraine.

La France a, de son côté, balayé l'avertissement russe. "On a l'habitude des menaces de Poutine. Hors de question d'évacuer" nos diplomates, a commenté le ministère des Affaires étrangères français, interrogé par des journalistes.

La diplomatie russe évoque dans son communiqué la frappe de drones ukrainiens ayant visé dans la nuit de jeudi à vendredi le dortoir d'un lycée à Starobilsk (Starobelsk en russe), dans la région de Lougansk occupée par Moscou dans l'est de l'Ukraine.

Selon Moscou, cette frappe a détruit un dortoir où dormaient des dizaines d'adolescents, tuant 21 personnes et blessant plus de 40 autres.

Cette "attaque sanglante" et "délibérée" est "la goutte d'eau qui fait déborder le vase", a justifié le ministère russe.

L'état-major de l'armée ukrainienne a affirmé que ses forces avaient bombardé cette nuit-là plusieurs sites militaires russes, dont un "quartier général" d'une unité située "dans la zone" de Starobilsk.

La presse russe a de son côté publié les témoignages des rescapés et des proches des adolescents tués dans cette attaque.

La Russie avait déjà appelé le personnel diplomatique étranger à quitter la capitale ukrainienne avant le défilé du 9-Mai sur la place Rouge à Moscou, menaçant l'Ukraine de représailles si elle venait à perturber les commémorations de la victoire sur l'Allemagne nazie.

Le président américain Donald Trump avait alors annoncé in extremis un cessez-le-feu temporaire entre les deux pays.

Avec AFP